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Tacite, Annules, XIII, 5-i el suiv

6 avril 68. Des monnaies à l'effigie de ce vieillard sont aussitôt frappées, qui portent, au revers, les unes, le buste de la Gaule unifiée, les autres, les bustes des très Galliœ, entourés d'armes et d'épis, symboles de l'armée des Gaules et de la fertilité en céréales du sol gaulois.

Quelques mois après, c'est Yitellius qui doit l'empire à la Gaule et aux légions du Rhin. Proclamé à Cologne où il remplissait la charge de légat, son élection est accueillie avec enthousiasme à Mayence, à Trêves, à Langres. Les Gaulois, les auxiliaires bataves eux-mêmes, lui font cortège et s'enrôlent dans l'armée de ses lieutenants Valens et Cœcina qui envahissent l'Italie et battent Othon, à Bédriac, le 14 avril 69. A la vérité, les mercenaires germains enrôlés par Vitellius, commirent de grands dégâts sur leur passage à travers la Gaule, notamment à Metz et à Langres ; mais l'élévation du chef des légions du Rhin était un succès pour l'amour-propre national des Gallo-Romains, et par là s'explique l'insistance de Tacite à nous dire que Yitellius, se souvenant de l'origine de sa fortune, préférait le titre de Germanicus à ceux de César ou d? Auguste. L'impopularité de Yespasien en Gaule lui vint surtout de ce qu'il fut porté à l'Empire par l'armée d'Orient, en juillet 69.

Les Gaulois qui regrettaient l'indépendance nationale, crurent trouver, d;ms les troubles provoqués par ces changements, l'occasion de secouer le joug romain; les Germains, de leur côté, voulurent profiter de ces révolutions pour traverser le Rhin et se ruer de nouveau à la curée de la Gaule. Ils y furent provoqués par le batave Claudius Civilis.

Les Bataves étaient d'origine germanique. En venant s'établir dans le delta du Rhin et de la Meuse, depuis Anvers jusqu'à Utrecht et Leyde, ils se mélangèrent à la population d'origine celtique qui dominait dans ce pays ; « du moins, dit Mommsen, l'élément celtique domine dans les noms de lieux1 ».

Les Bataves s'étaient jusqu'ici toujours montrés les fidèles sujets de Rome. Ils n'avaient pris aucune part à la conspiration d'Arminius, ni à la révolte qui suivit, bien qu'il y eut un corps

1. MOMMSEIC, Histoire romaine, t. 1\, p. l."2 >lrad. Cagn.it et Toutain).

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d'auxiliaires bataves dans l'armée romaine. Ils fournissaient à l'armée impériale 1.000 cavaliers qui tenaient garnison à Langres, et 9.000 fantassins. Les Bataves procuraient aussi d'excellents marins à la flotte romaine. En raison de ces services, ils étaient exonérés d'impôts.

Givilis, qui comptait des rois parmi ses ancêtres, regrettait l'antique prestige de sa famille, et il fut insensible aux avances des Romains qui l'admirent dans les rangs de l'armée, comme Ariuinius et Gannascus. Civilis commanda longtemps une cohorte dans l'armée de la Germanie inférieure. Mais on le surveillait et il était suspect. Néron fit mettre à mort son frère sous l'accusation d'infidélité. Glaudius Givilis, impliqué lui-même dans le meurtre du légat Fonteius Gapito, n'avait dû la vie qu'à la clémence de Galba. Plus tard, les soldats voulaient le tuer; Yitellius le sauva, mais Civilis garda contre ses compagnons d'armes une irréductible rancune : il jura de ne point couper sa chevelure avant qu'il n'eut assouvi sa vengeance. Il épiait le moment favorable. Un jour, on apprend que les légions d'Orient et de Pannonie viennent de porter Yespasien à l'empire. Civilis croit son heure venue. Borgne, il se comparait à Annibal et à Sertorius. Bataves, Caninéfates, Frisons se soulèvent à sa voix, tandis que, dans les rangs mêmes de l'armée romaine, il obtient la défection des auxiliaires bataves et bretons. Deux victoires remportées coup sur coup le rendent maître de tous les postes du bas Rhin et de la flottille romaine que lui livrent les rameurs bataves.

Pour amener à lui les Germains de la rive droite, Civilis envoie à la prophétesse Velléda, qui vaticinait dans un repaire, au fond des forêts des Bructères, vers les sources de la Lippe, des sénateurs romains enchaînés, et le vaisseau amiral de la flotte du Rhin1. La sorcière n'eut qu'un geste à faire et l'on vit franchir le Rhin, comme une meute affamée, « comme des corbeaux avides », tous les pillards de la Germanie.

L'invasion se trouva facilitée par une sécheresse extraordinaire qui avait asséché les terres et rendu le fleuve guéable en

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