‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 131 sur 211 · Tacitb, Germ · texte numérisé non relu

Tacitb, Germ

groupe finno-ougrien, dit aussi altaïque ou mongolique. Les Bulgares, peuples d'origine hunnique, parlèrent primitivement une langue de cette famille. Ils l'abandonnèrent sous l'influence de leurs vicissitudes politiques, pour adopter la langue et les mœurs des Slaves du sud.

Nous touchons, ici, un point délicat sur lequel il y aura lieu de revenir pour l'époque moderne. C'est par la langue que Tacite et Strabon distinguent, d'une manière générale, les Celtes ou les Gaulois des Germains. La communauté de langage crée effectivement un lien étroit entre des populations même éloignées géographiquement. Par contre, la diversité de langage, en compliquant les relations entre populations qui cohabitent dans le même pays, amène la gêne, des conflits, des malententendus, l'hostilité. De ces faits incontestables, l'opinion générale de nos jours est portée à conclure que la langue distingue les races et doit être prise pour base de la répartition politique des nations. L'histoire est en complète opposition avec cette théorie; il est, en très grand nombre, des peuples de même race, que des circonstances de leurs annales ont amenés à adopter des langues différentes, en abandonnant leur langue originaire. Nous venons de citer l'exemple des Gaulois, des Germains établis en Gaule et des Bulgares. Mais tous les peuples barbares qui quittèrent la Germanie pour trouver enfin une patrie en Gaule, en Italie, en Espagne, abandonnèrent de même leur langue maternelle. Les Francs, les Burgondes, les Visigoths, les Vandales, les Suèves, les Lombards et les autres envahisseurs de l'Occident désapprirent leur langue germanique, pour adopter le roman ou bas-latin d'où sont sortis le français et les autres langues néo-latines. Sans insister, ici, sur les conséquences de ces constatations que l'on peut multiplier, nous nous bornerons à dire que partout, en Gaule, se trouve justifié le principe général formulé par M. Meillet : « La langue qui dépend d'événements historiques est indépendante de la race qui est une chose toute physique. » C'est un préjugé, en histoire, de croire que c'est la langue qui distingue les races ou les nationalités.

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