‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 138 sur 211 · D'Arbois, p · texte numérisé non relu

D'Arbois, p

<".. D'Arbois, p. 172.

Concluons : l'étude des noms de personnes, comme celle des noms de localités, l'onomastique tout entière, tant pour l'époque pré-romaine que pour la période de l'empire, atteste qu'il n'y a aucune différence d'organisation sociale entre les deux provinces romaines de Germanie et le reste de la Gaule. Les noms y sont gaulois, puis gallo-romains ou romains, comme sur les bords de la Seine, de la Garonne ou du Rhône. Toutes les observations sous ce point de vue, comme sous tous les autres, tendent à établir d'une manière positive que, dans les pays rhénans, l'élément germanique a été totalement écarté et qu'il n'a eu aucune influence sociale, tant que les armées galloromaines purent garder la frontière du Rhin.

Si les invasions répétées lui ont donné, comme c'est possible, numériquement, une place prépondérante, il n'a eu une part que dans le colonat, la domesticité ou l'esclavage. Le rôle social, la direction de la société, dans ces pays, n'a cessé d'appartenir aux Gallo-Romains et n'a jamais passé, durant l'antiquité, aux mains des Germains.

Les Gallo-Romains sont restés les propriétaires du sol en immense majorité ; les Germains sont des colons, des ouvriers agricoles, de pauvres paysans travaillant pour leurs maîtres Gallo-Romains. Il n'y a d'exceptions que pour les Germains d'un rang supérieur, parfois môme élevés à Rome ou ayant conquis un grade dans les armées de l'empire : ceux-là seuls étaient susceptibles de s'adapter à la culture gallo-romaine ; ils l'ont recherchée jusqu'au point d'abandonner leurs noms, pour prendre des noms romains ou gallo-romains. Ils ont, autant qu'ils le purent, répudié tout ce qu'ils pouvaient avoir de barbare, de germanique ; ils ont finalement grossi les rangs des Gallo- Romains et ont été un élément important dans la formation de notre race.

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