Florus, Hist, rom., IV
cas particuliers de respect du droit, de l'honneur, de la parole donnée que signalent les auteurs, sont inspirés par l'éducation reçue à l'étranger, à Rome, ou par les relations prolongées avec les civilisés. C'est avec étonnement que les Anciens les remarquent : on n'y est pas habitué, les Germains moins encore que leurs ennemis ; de là, la colère d'Arminius contre Marbod, ce roi des Marcomans qui persista à respecter les traités qu'il avait conclus avec les Romains. 11 est vrai qu'une partie de ses sujets étaient des Celtes. Marbod finit, d'ailleurs, par être abandonné par les siens et obligé de demander un asile à Tibère qui lui assigna Ravenne pour résidence.
Par contraste avec les Germains, César remarque que les tribus gauloises des Yolques Tectosages, émigrés avec les Boiens sur les confins de la Forêt hercynienne, ont conservé une grande réputation de droiture et de courage (summam habent justitiœ et bellicas laudis opinionem), tout en sétant plies aux mœurs germaniques imposées par leur nouvel habitat.
Mais que l'on excepte, si l'on veut, les Marcomans et ceux des Hermondures qui commerçaient avec les Romains, le réquisitoire de toute l'antiquité contre les Germains est accablant : aucun autre peuple barbare n'a été pareillement flétri : le Germain est l'exemplaire achevé de la perfidie.
Tandis que César reproche aux Gaulois leur curiosité, la mobilité naturelle de leur caractère, il s'indigne à vingt reprises contre la duplicité des Germains et leur dissimulation mêlée d'obséquiosité2. C'est par fraude, par surprise, par mensonge que les Usipètes et les Tenctères attaquent les Romains 2. Quotidiennement, les Germains pratiquent le dol et les embûches (per clolum atque insidias); en toute circonstance, ils sont conduits par le même esprit de perfidie et de dissimulation (eade/n et perfidia et simulatione usi Germafii3). Le Germain, comme un véritable sauvage des forêts, est extrêmement défiant. Il ne croit pas à la bonne foi et à la sincérité d'autrui. Cette défiance