‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 15 sur 211 · Rod. Reuss, l'Alsace au XVII' siècle, p · texte numérisé non relu

Rod. Reuss, l'Alsace au XVII' siècle, p

combinée par des diplomates à gages, au mépris de l'intérêt des populations, et uniquement pour satisfaire l'appétit de ces Guillaumes, de ces Frédérics, de ces Ernests, qui ont perpétué jusqu'à nos jours leurs traditions médiévales de mensonge, d'arrogance et d'obséquiosité. A eux surtout, s'applique ce mot de Henri Heine : « L'Allemagne est un pays de valets. »

Aussi, les populations rhénanes avaient-elles accueilli comme une délivrance la domination française. Pas une révolte, pas une plainte ne s'éleva contre nous; les arrangements de 1815 les mutilèrent malgré elles et contre leurs vœux.

« Lorsqu'il parcourt aujourd'hui, écrivait Victor Hugo en juillet 1841, les provinces rhénanes sur lesquelles rayonnait, il n'y a pas trente ans, cette puissante homogénéité qui a pénétré si profondément, en moins d'un siècle et demi, l'antique landgraviat d'Alsace, le voyageur rencontre, de temps à autre, un poteau blanc et bleu, il est en Bavière; puis, voici un poteau blanc et rouge, il est dans la Hesse; puis, voilà un poteau blanc et noir, il est en Prusse. Pourquoi? Y a-t-il une raison à cela? A-t-on passé une rivière, une muraille, une montagne? A-t-on touché une frontière? Quelque chose s'est-il modifié dans le pays qu'on a traversé ? Non. Rien n'a changé que la couleur des poteaux. Le fait est qu'on n'est ni en Prusse, ni dans la Hesse, ni en Bavière : on est sur la rive gauche du Rhin, c'est-à-dire en France, comme sur la rive droite on est en Allemagne l. »

C'est entre Rastatt et Mayence que les invasions et les conquérants ont le plus souvent franchi le Rhin, en utilisant les embouchures des rivières, ou bien, beaucoup plus bas, dans la région que commande Cologne. De cette partie du fleuve les Anciens disaient qu'elle était aisée à traverser et que tout batelier s'en faisait un jeu: Indus est navigare, dit Symmaque2. Sur la frontière du pays des Médiomatrices et des Trévires, dès le temps des expéditions de Tibère et de Germanicus, les Romains avaient établi un pont pour le passage des légions 3 ,

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