Suétone, Caligula
d'exception à cette règle que pour les tribus auxquelles les Romains imposèrent, le long de la rive droite du Rhin, l'état sédentaire. Suivant l'observation de J. Wilbois, « la propriété n'est, au début, qu'un long usage de la terre 1 ». Elle s'est constituée, dans toutes les sociétés en voie de progrès, comme corollaire des modifications que l'individu a fait subir au sol par son travail : les efforts de l'individu, ses sueurs, son activité industrieuse, récidivée plusieurs années durant sur un même sol, lui donnent un droit sur cette terre qu'il a améliorée. La propriété est donc solidaire du travail, et ce dernier l'engendre naturellement.
Comme le disent les sociologues de l'école de Le Play : « Le travail est le grand organisateur social 2. » Or, c'est un fait attesté par les Anciens, que le Gaulois est cultivateur par goût et particulièrement laborieux, tandis que le Germain, au contraire, méprise le travail ; il est foncièrement paresseux, dès qu'il ne chasse plus ou qu'il ne fait pas la guerre ; il a horreur, surtout, du travail des champs : agriculture non strident, dit César : « Toute leur vie se passe à la chasse et dans les exercices militaires Ils ne s'adonnent pas à l'agriculture et ne
vivent guère que de lait, de fromage et de chair3. » A l'opposé des Gaulois, ils consomment très peu de blé, mais ils se délectent de beurre, nous dit Pline : biityrum, barbararum gentium lautissimus cibus11. Pour manger, ils s'asseoient sur un siège, au lieu de s'étendre à la façon des Romains5. Le vin est banni chez les Germains 6 ; leurs boissons fermentées sont la bière, l'hydromel et la cervoise. Chez les Germains, dit Tacite, « il n'y a pas de honte à boire tout le jour et toute la nuit. Les rixes qui y sont fréquentes, comme il arrive entre ivrognes, s'y terminent rarement par de simples injures, mais presque toujours par des meurtres ou des coups "'.