‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 152 sur 211 · César, Bell. Gall., IV, 19; VI · texte numérisé non relu

César, Bell. Gall., IV, 19; VI

d'un espace libre, soit comme préservatif en cas d'incendie, soit ignorance dans l'art de bâtir1. »

La plupart du temps, les Germains se terrent dans de simples abris ou dans des huttes faites de clayonnages, de fascines revêtues de boue et de roseaux ; d'aucuns vivent dans de véritables tanières qu'ils disputent aux fauves comme l'homme préhistorique. Les Germains, dit Tacite, s'installent dans des cavernes pour y passer l'hiver et y déposer leur grain et leurs provisions 2.

Parfois, ce sont des constructions en bois, sur pilotis, au bord des marais ; on n'accédait à ces habitations lacustres que par une passerelle, enlevée chaque nuit pour éviter les surprises ou les attaques des bêtes qui rôdent. Mais toujours, ce sont de misérables baraques d'où est bannie toute idée de luxe ou de confortable, qui n'attachent point l'homme à la terre, qu'on bâtit vite comme un gîte contre les intempéries et qu'on quitte sans regret : nul souvenir ancestral n'y est attaché.

Les pagi germains sont comme les anciens clans des tribus de la steppe, des groupes de familles qui se déplacent; ceux des Gaulois sont depuis longtemps déjà, des cantons territoriaux; au moyen âge seulement, le pagus germain deviendra le gau ou gowe, terme qui, alors, est une expression géographique.

Les camps ou espèces d'oppida que les Germains installent dans les clairières de leurs forêts, ne sont que des refuges, défendus par des fourrés épineux ou des levés de terre ; leurs bourgs sont des agglomérations de huttes, d'étables, de magasins pour récoltes de céréales : aujourd'hui, on voit dans des coins perdus de l'Allemagne du nord, des villages de paysans miséreux qui ne sont guère autre chose.

En Gaule, on cultivait toutes les espèces de céréales, surtout le blé. Le sol de la Germanie n'est que par places propre à la culture du blé : c'est la terre de l'orge, du houblon, du chanvre, des asperges et des plantes grasses. Les forêts de chênes, de hêtres et de châtaigniers ont fait que l'élève des porcs a toujours été particulièrement développé dans ce pays. Aujourd'hui

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