‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 159 sur 211 · Tacite. Hisl., IV · texte numérisé non relu

Tacite. Hisl., IV

moyen de grossir le nombre de leurs partisans. Ils gouvernèrent par le prestige romain jusqu'au moment où, en ayant abusé, le charme fut rompu.

Par suite de ces changements incessants, le dénombrement des habitants et de leur condition légale, en vue de l'établissement du cadastre, auquel on avait procédé une première fois sous Auguste, dut être souvent remanié et mis au courant, afin d'apporter l'équité nécessaire dans la perception du cens et des autres impôts. Des légats, des intendants spéciaux, des commissions, des bureaux qui en gardaient les rôles, en étaient chargés. Au fond, dans l'administration des provinces, l'Etat romain ne portait guère son attention rigoureuse que sur l'armée et le prélèvement des impôts.

Parmi ces impôts, il en est un qui se trouvait, par sa nature, étroitement lié à la garde du Rhin et du limes germanique, c'étaient les douanes. Outre l'armée qui gardait la frontière, il y avait une sorte de gendarmerie, échelonnée sur les grandes routes dont il importait de maintenir la liberté de circulation. Il fallait protéger les voyageurs et les commerçants contre les attaques à main armée des brigands isolés qui se cachaient dans les forêts. Des postes de police de ce genre avaient leur dépôt de ralliement à Nyons (Suisse), pour les routes des Alpes occidentales et du Jura, et sur d'autres points du territoire des Helvètes ; on en signale aussi chez les Vangions, aux environs de Worms1. Cette police protégeait les bureaux des douanes qui étaient nombreux. Des inscriptions en signalent notamment à Cologne, Coblence, Altrip sur le Rhin, dans le pays de's Vangions, enfin à Zurich2. Aucune barrière n'entravait les relations commerciales des deux provinces de Germanie avec leurs voisines. Le cordon général des douanes les enveloppait comme il enveloppait le reste de l'empire.

1. Voyez les sources dans Jullian, Histoire de la Gaule, t. IV, p. 290.

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