Tacite, Germ., I, 21 et
nairement une rétribution, un salaire se payait en têtes de bétail. On rapproche de même le mot allemand Sc/tatz, « trésor », du vieux mot gothique skatts, qui signifie à la fois troupeau et salaire.
A la fin du Ier siècle de notre ère, les tribus germaines les plus rapprochées du Rhin commençaient pourtant à se rendre compte du rôle de la monnaie métallique comme facile instrument et véhicule rapide du commerce. Tacite le dit formellement : « Voilà que déjà nous leur avons appris à recevoir la monnaie » (Jam et pecuniam accipere docuimus) ' ; l'historien romain revient sur ce progrès dans un autre passage : « Les peuples germains les plus près de nos frontières, dit-il, mettent quelque prix à l'or et à l'argent, comme moyen de commerce ; ils connaissent et distinguent quelques-unes de nos monnaies : ceux de l'intérieur, plus simples et plus fidèles aux vieux usages, s'en tiennent au commerce d'échanges. Parmi les monnaies, ils préfèrent les anciens deniers et les plus connus, les dentelés (serrati) et ceux qui ont pour type un bige (char à deux chevaux, bigati). Ils recherchent aussi l'argent plus que l'or, non par goût, mais parce que les monnaies d'argent leur sont plus commodes pour acheter des marchandises communes et de bas prix2. »
L'explication numismatique de ce passage est aisée à donner. C'est en deniers d'argent romains que les Romains pa}raient les Germains qui, pareils aux demi-sauvages d'à présent, savaient fort bien apprécier l'excellence de l'aloi des pièces. On ne les eut pas trompés aisément. Les plus anciens de ces deniers romains de la République, qui remontent à l'an 269 avant notre ère, ont pour types de revers, soit les Dioscures, Castor et Pollux à cheval, soit Diane ou la Victoire dans un bige, d'où leur nom populaire de bigati. Parmi ces pièces, il en est dont les bords sont taillés en dents de scie : ce sont les serrati. Ces pièces, d'excellent aloi, pèsent 4 gr. 55. On en a trouvé de grandes quantités dans l'Allemagne du Nord et en Hollande. Le denier de l'Empire, à partir de Néron, est beaucoup moins lourd; il ne pèse que 3 gr. 41 et son aloi est inférieur.