Tacite, Germ
Quand les Romains du temps de Tacite, qui venaient d'apprendre aux Germains à compter la monnaie à la pièce, eurent la prétention de s'acquitter avec des deniers impériaux de 3 gr. 41, les barbares protestèrent et déclarèrent, — c'est Tacite qui nous le dit, — qu'ils ne voulaient point des pièces neuves, mais qu'ils entendaient être payés en vieux deniers républicains, désignant par là, les bigati et les serrati, qui étaient plus lourds, de meilleur aloi et auxquels ils étaient habitués depuis longtemps. N'assistons-nous pas encore, aujourd'hui, à un phénomène analogue ? Les indigènes de l'Afrique orientale veulent être payés en thalers de l'impératrice d'Autriche, Marie- Thérèse, auxquels ils sont habitués depuis des siècles ; ils les préfèrent à toute autre monnaie actuelle, si bien que les trafiquants en font fabriquer incessamment, pour leur commerce dans cette région africaine.
A l'époque de Tacite, le monnayage gaulois venait de mourir. Il était remplacé par la monnaie romaine ; dès le temps de Marc- Antoine, les Romains installèrent à Lyon un atelier qui, rapidement, fut extrêmement actif et suffit aux besoins commerciaux de toute la Gaule. Le monnayage des cités gauloises, après s'être prolongé quelque temps, dans certaines villes, comme Nîmes, Vienne et peut-être Trêves ou Metz, en se romanisant, finit par disparaître tout à fait, après Néron. Ce monnayage, indépendamment de celui de la colonie phocéenne de Marseille, avait duré quatre siècles.