C. Jullian, Histoire de la Gaule, t. IV, p
2. C. Julliak, Revue des Études anciennes, janvier-mars, 1902, p. 41.
si diminuée que Paris, par exemple, dut se restreindre à la Cité et s'y renfermer. Des villes qui avant l'invasion avaient jusqu'à 6.000 mètres de pourtour, n'en eurent plus que 2.000. L'enceinte d'Autun fut vingt fois moins grande que celle du temps d'Auguste. Que dire des villes rhénanes, plus exposées que d'autres aux invasions ? Dans des proportions analogues, presque toutes nos villes se rebâtissent avec leurs débris. Les ruines en bel appareil des anciens temples servent simplement d'assises à des temples nouveaux, de dimensions réduites, en murs de blocage et peu épais, pauvres et économiquement construits.
Mais si nous pouvons ainsi, de nos jours, vérifier sur place les misères antérieures à l'arrivée de Probus, on constate aussi, partout, l'effet du relèvement et de l'action bienfaisante de ce grand empereur. De là, la joie universelle qui éclate dans les types monétaires et les légendes. Les médailles exaltent le rôle de ce prince que les historiens contemporains comparent à Trajan et aux plus sages des Antonins : Bono Lmperatori Caio Probo, dit une légende monétaire.
On pouvait donc espérer, malgré tout, pour la Gaule et les provinces rhénanes, un relèvement général et une nouvelle prospérité. Malheureusement cette perspective fut de courte durée. Les tendances pacifiques de Probus ne furent pas du goût de l'armée, non plus que les égards qu'il affichait pour le Sénat. Il voulut l'ordre et la discipline : ce fut là, comme pour tant d'autres, la cause de sa perte. Les soldats avaient des exigences impossibles à satisfaire. Probus le sentait mieux que quiconque : c'est pour cela qu'il fut assassiné à Sirmium. p» octobre en 282. Après l'avoir tué, ses soldats le pleurèrent ; ils lui élevèrent un tombeau sur lequel ils écrivirent cette épitaphe : « Ici repose l'empereur Probus, un véritable homme de bien, qui vainquit toutes les nations barbares et tous les tyrans. »