Ammiek Makcellin, XVX
d'Ammien Marcellin, mûrissait des plans aussi vastes qu'utiles, restaura les fortifications du Rhin, depuis la frontière de Rhétie jusqu'à l'Océan germanique; il exhaussa les murailles des camps et des castella qui bordaient le fleuve du côté de la Gaule ; il y adjoignit, partout où le terrain s'y prêtait, une suite de tours reliées les unes aux autres par un rempart. Il jeta même, de loin en loin, sur la rive droite, des ouvrages avancés qui dominaient le territoire des Barbares ». L'un de ces fortins, sur le Neckar, lui paraissant exposé à être un jour emporté par les eaux, il fit détourner le cours de la rivière par ses ingénieurs, ce qui nécessita d'énormes travaux. Yalentinien voulut aussi construire un fort plus avancé dans l'intérieur du pays des Alamans, mais ceux-ci surprirent les soldats qui avaient dépouillé leurs armes pour travailler; ils les massacrèrent jusqu'au dernier. Vers le même temps, en Gaule, des bandits firent tomber le grand-écuyer Gonstancien, parent de l'empereur, dans un guet-apens où il fut assassiné.
Le brigandage était universel ; la Gaule Belgique et le bas Rhin étaient, à cette époque, terrorisés surtout par les Saxons. Le cosmographe Ptolémée qui écrivait au milieu du 11e siècle de notre ère, est le premier auteur qui mentionne les Saxons. C'était alors une agglomération de tribus germaniques cantonnées au nord de l'Elbe, dans les terres basses et marécageuses du Meeklembourg et des environs de Lubeck. Ils habitaient aussi des îlots, dans les parages du Holstein ; leurs voisins étaient les Angles, les Suardons et les Chauques- Bientôt, au 111e siècle, on voit s'agréger à leur confédération les Chauques, les Marses, les Angrivariens, les Chérusques, dispersés dans les forêts, apeurés et dépourvus de prestige aux yeux des Barbares, depuis la déconfiture d'Arminius.
De l'embouchure de l'Elbe, les Saxons, qui ont une flotte, échappent à La tyrannie de la forêt et des marécages, et ils exercent de fructueuses pirateries sur les côtes de la mer du Nord, en particulier sur celles de la Gaule, aux embouchures de la Meuse ei de l'Escaut, de la Seine, de la Loire et même au delà.