Amm. Marc, XWIII
C'est à l'aide de ces écumeurs de mer que Garausius, en 287, s'était fait proclamer empereur dans l'île de Bretagne.
Devenus puissants par le succès de leurs pirateries, de nouvelles tribus grossirent leur nombre, même au cœur de la Germanie; ils dominèrent bientôt depuis l'Eider qui borne le Holstein, jusqu'au cours de la Sieg et aux montagnes de la Hesse. Ils chassent les Longobards du bassin de la Saaie et s'allient aux Francs, leurs émules en pirateries.
En 370, des bandes de guerriers saxons passant sur la rive gauche du Rhin, firent irruption en Gaule. Ammien Marcellin nous dit qu'ils furent exterminés jusqu'au dernier1. D'autres bandes surgirent. Un jour, sous Valentinien Ier, un parti de Saxons déguisés en officiers du fisc, se fait annoncer par la voix du crieur public, dans la demeure somptueuse d'un citoyen de distinction. Les bandits se jettent, l'épée à la main, sur le propriétaire, avant que des gens aient eu le temps de s'armer; tout est pillé dans la villa. Pourtant, l'empereur put envoyer une force armée pour arrêter et punir les brigands 2.
L'année suivante, d'autres Saxons sortent de leurs forêts, s'embarquent sur l'Océan et viennent massacrer de paisibles habitants de la rive du Rhin, sans que le comte Nannianus, qui commandait là, put les en empêcher. Il fallut une véritable expédition pour en venir à bout; Nannianus et Sévère l'entreprirent, firent tomber les Saxons dans une embuscade et les massacrèrent. Puis, ce fut Macrien, le roi des Alamans, dont il fallut réprimer les incursions, humilier l'arrogance. Valentinien arma contre lui les Burgondes qui avaient avec leurs voisins des discussions de frontières et leur disputaient la possession de sources salées. En fin de compte, en 371, Valentinien tenta de s'emparer de la personne du farouche barbare. Il se fit renseigner par des transfuges, puis il jeta un pont sur le Rhin, par lequel son lieutenant Sévère passa dans le pays des Mattiaques, non loin de Wiesbade : « Il y avait là, dit Ammien, de ces marchands qui trafiquent de butin et d'esclaves avec les armées. » Sévère les fit tous tuer, pour éviter que sa marche fût