‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 191 sur 211 · Ammien \UnciiLUN, XXX · texte numérisé non relu

Ammien \UnciiLUN, XXX

S'il n'eût péri de la sorte, en guerroyant contre d'autres Barbares, Macrien eût, comme tous les autres chefs de bandes germaines, — qui pourrait en douter ? — trahi la confiance des Romains. Il eût fallu recommencer à le pourchasser dans les forêts et les marécages. A ce jeu terrible et odieux, les légions s'épuisent, les empereurs les plus fermes s'énervent, la Gaule et la civilisation gallo-romaine dépérissent dans l'insécurité et se dénaturent par un afflux excessif et trop rapide d'éléments étrangers.

Aussi, à quoi bon enregistrer les campagnes quotidiennes sur le Rhin, fastidieuses par leur monotone répétition, les noms haïssables, indignes de l'histoire, de ces bandes de brigands qui viennent piller, qui s'enfuient insaisissables sur leurs chevaux, en abandonnant, à la première alerte, le fruit de leurs rapines; ou qui, une fois capturées, sont d'une écœurante platitude pour mentir, demander grâce, prêter le serment de fidélité, puis trahir: Germani, natum mendacio genus ! Germani, immanissimœ gentes !

Page 1