Tacite, Vie d'Agricola
3. Ammien Mahcellin, XXII, 7, 8; XXIX, 4, 4; XXXI, 6, 5; cf. Fustel de Coula.nges, Histoire des Institutions, l. II, p. 376.
4. 11. Wallon, Histoire de l'esclavaqe dans l'antiquité, t.. III, p. 111.
d'un chef audacieux. C'était une troupe exercée d'hommes sanguinaires qui, généralement à cheval, se précipitaient, comme une trombe, sur un canton, pour le dévaster, et qui disparaissaient, le coup fait, avec leur butin pour repasser le Rhin. Ou bien, les brigands, se sentant les plus forts, s'installaient en maîtres dans une province, s'imposant aux habitants paisibles et les rançonnant. Ils faisaient venir leurs familles ; telle province galloromaine de leur choix devenait leur pays. L'autorité impériale, forcée d'en prendre son parti, s'accommodait du nouvel état de choses, tolérait ces rudes aspirants à la culture gallo-romaine, pour peu qu'ils s'engageassent à payer un tribut et à fournir des soldats à l'Empire. D'autres fois, les généraux et les empereurs passaient leur vie à faire la chasse à ces bandes d'aventuriers ou de pirates écumeurs des côtes. Rappelons-nous les épisodes où, par surprise, les Germains, au galop de leurs chevaux, faillirent s'emparer de Langres, d'Autun, de Trêves. En 367, trois partis d'Alamans de ce genre, qui ravageaient la Gaule rhénane, furent détruits par Jovin, général de Valentinien1 ; l'année suivante, un chef alaman qui surprit Mayence, put s'enfuir avec son butin et de nombreux prisonniers.
Les Francs et les Alamans, au ive siècle, se distinguèrent particulièrement dans ce genre d'expéditions, l'une des formes les plus redoutables des invasions germaniques. Leurs guerriers formaient une sorte de compagnonnage pour les coups de main et les actes de brigandage. Le nom de « Franc » paraît venu de là, s'il signifie, comme on le dit, «brave» (frak,ferox) ou «errants» {warg, wrang) ; il aurait désigné d'abord l'association des guerriers de plusieurs tribus du bas Rhin. L e nom d' « Alaman » parait signifier aussi, à l'origine, une association analogue, composée de guerriers de toute origine2. Ces compagnies de ravageurs, appelées catervœ par Ammien Marcellin, se raccolaient chez les peuples les plus divers, ex variis nationibus ; ce sont des détrousseurs de marchands, des pillards, vesania gentium dissonarum3.