Amédée Thierrt, t. II, p. 265 (d'après Caesiodore
dinavie et pris une large place dans l'Edda de Saemund. Attila est Atli chez les Scandinaves, Atla chez les Anglo-Saxons, Atkil, Athel, Hettel, Etzel chez les Allemands. Il s'introduit dans les mythes de l'Odinisme ; il habite la Walhalla, à Etzelburg, sur les bords du Danube ; il a pour mère une magicienne et pour sœur une Walkyrie. Se reposant après une vie d'invraisemblables exploits, il trône au milieu des magnificences de sa cour, toujours dans les festins, les aventures galantes, les massacres, les joutes guerrières. Avec le temps, la légende s'amplifie, le héros s'humanise ; puis, sans être chrétien, il fait parade de vertus et de sentiments chrétiens. Il fait bâtir une église dans sa capitale ; sa femme Hilda (Idilco) est Burgonde et chrétienne : ici, on s'aperçoit aisément de l'influence de la légende hagiographique sur le mythe païen.
Les rois des Burgondes, Ghibic et Gunther et leurs vassaux sont les descendants de Nibelung ; ils sont « les fils des ténèbres ». Un héros, de la race de Wotan, Siegfrid, « fils de la lumière », venu du Nord, entre en lutte avec les Nibelungen pour la conquête des trésors d'Attila cachés dans le Rhin. De là, des aventures héroïques, extravagantes et sanguinaires, d'un enchevêtrement inextricable, que chaque jongleur se plaît à enrichir d'épisodes incohérents et dont l'analyse est impossible. Suivant le mot d'Amédée Thierry, la poésie du Nord a accumulé dans ces chants barbares « tout ce qu'elle possédait d'images féroces et de détails hideux ». Quel contraste avec notre Gharlemagne épique, nos Chansons de geste et nos romans de chevalerie ! Tuerie et beuverie, ces deux mots seuls peuvent caractériser l'épopée allemande qui se déploie dans ces contes germaniques brutaux et grossiers, où le cœur des héros ne vibre d'aucun sentiment élevé, où ils mènent une vie de carnage et de sauvagerie, luttent pour posséder un trésor caché dans le Rhin ou faire la conquête d'une furie guerrière, Crimhilde ou Brunhilde. Le poème des Nibelungen, composé, sous la forme où il nous est parvenu, vers l'an 1200, bien qu'étant la meilleure de ces compositions, n'échappe pas à ce sévère jugement1,