‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 29 sur 211 · C. Jullian, Histoire de la Gaule, l. I, p · texte numérisé non relu

C. Jullian, Histoire de la Gaule, l. I, p

seulement des joncs et d'autres plantes aquatiques avec lesquelles ils tressent leurs filets1.

Ce serait cette population de pauvres hères, nécessairement peu nombreuse à cause de la nature du pays, qui de loin en loin subissant des raz de marée, aurait été forcée de s'exiler, en masses toujours renouvelées. Voilà les ancêtres des nations et des races diverses de l'occident de l'Europe.

Eh bien, non! Je me refuse à admettre que la mer du Nord ou la mer Baltique, en leurs jours de débordement, aient engendré et rejeté sur la grève des peuples entiers comme des bancs de petits poissons. Il suffit de se reporter à Pénumération des douze ou quinze peuples qu'on dit issus de ces parages pour démontrer l'absurdité de cette légende.

Que la race immense des Celtes, que la cohue hétéroclite des Cimbres et des Teutons, que tous les peuples de la Gaule Belgique, les Ostrogoths et les Visigoths, les multiples tribus franques, les Vandales, les Burgondes, les Angles, les Suèves, les Saxons, les Chavions, d'autres encore, aient ce misérable pays pour patrie originaire, — et nous avons des textes anciens qui l'affirment pour chacun d'eux, — j'estime qu'il y a quelque ingénuité à l'admettre. Cela a pu arriver une ou deux fois, mais pas plus, à coup sûr. D'ailleurs, si les raz de marée les ont engloutis en une minute, comment ont-ils pu ensuite émigrer? les raz de marée n'épargnent personne. Et pour les habitants des terres que le raz de marée n'avait pas atteintes, il n'y avait plus nécessité de partir. Les populations qui habitent les abords du Vésuve ou de l'Etna ne se croient nullement forcées d'émigrer après une éruption du volcan. Les Hollandais que les raz de marée ont épargnés, dans les derniers siècles, ne se sont pas expatriés.

Quant aux pays Scandinaves, quelque brillante qu'y ait été la civilisation de l'âge du bronze, quelque dense que l'on suppose la population de la presqu'île du Jutland qui, de nos jours, n'atteint pas un million d'habitants, il est déraisonnable d'admettre que ce minuscule pays, môme avec l'appoint de la Suèder

Page 1