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A. de Quatrefages, la Race prussienne, p

De Hallstatt, par la vallée de la Traun, les caravanes atteignaient le Danube. Les unes remontaient le grand fleuve pour gagner les vallées ouvertes de la Bavière ; d'autres le franchissaient pour descendre la Moldau, le principal affluentbohémien de l'Elbe. EnTin, une troisième ramification de cette grande voie commerciale, franchissait le Danube à Garnuntum, point stratégique demeuré si important à l'époque romaine, dont les ruines se voient encore au confluent de la Morava, non loin de Presbourg. Elle atteignait ensuite Hradish où l'on a exhumé même des antiquités étrusques. Des découvertes archéologiques attestent également que les caravanes de l'ambre s'engageaient dans les défilés montagneux où serpente la Neisse, gagnaient Glatz (Stagojia), stationnaient successivement à Schweidnitz, Glogau (Lugidunu?n), sur l'Oder, Priment, Gostin, au milieu des marais de l'Obra, Gzarnikau {Limiosaleum) sur la Netze, affluent de la Wartha, d'où elles atteignaient, à Bromberg, le cours de la Yistule ; puis, après Graudenz, le golfe de Danzig1. On a remarqué la forme celtique des noms de la plupart de ces stations commerciales : nous verrons qu'elles furent créées par les Celtes. C'est dans les factoreries installées au nord des bouches du Pô, que les navigateurs phéniciens, grecs et étrusques venaient s'approvisionner d'ambre, de pelleteries et d'autres produits du Nord. Cette route de l'ambre était non moins mystérieuse que les routes orientales, si bien qu'un mythe gracieux germa dans la fertile imagination des Grecs : on racontait que les perles d'ambre dont les femmes grecques aimaient tant à se parer, étaient les larmes pétrifiées des sœurs de Phaéton qui, réunies tous les soirs sur les rives de l'Eridan, identifié avec le Pô, pleuraient la mort de leur frère tombé du char du Soleil dans les ondes du fleuve'-.

Les Romains qui héritèrent des Grecs et des Etrusques leur goût des parures d'ambre, reçurent cette matière par le même chemin. C'est par là qu'ils commencèrent leurs relations avec la Germanie. Delà mer Baltique, nous ditJordanès, « les Suethons

1. Sadowski, dans les Comptes rendus du Coiujrès de Buda-Pest, 1876, p. 417 (t. I, 1877). Une carte très précieuse accompagne ce mémoire érudit.

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