‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 35 sur 211 · Diod. Sic, V, 23; Pline, WWII · texte numérisé non relu

Diod. Sic, V, 23; Pline, WWII

(habitants de la Suède) faisaient passer aux Romains des peaux de martres noires, à travers des nations innombrables1 ».

Les découvertes de monnaies de la République et de l'Empire attestent que, dans les siècles qui avoisinent le début de l'ère chrétienne, deux grandes routes germaniques convergeaient vers l'Italie : l'une, par le col du Brenner dans les Alpes Noriques, aboutissait à Vérone ; l'autre, par le col de Nauporte, descendait sur Aquilée que Trieste remplace aujourd'hui. Ces trouvailles monétaires qu'on suit à la piste le long des vallées de l'Elbe et de l'Oder par la Bohème, la Saxe ou la Silésie, gagnent les bords de la Baltique et jusqu'aux îles Scandinaves d'Oland, de Gotland et de Bornholm.

C'est par ces routes commerciales que de grandes invasions descendirent sur l'Italie, notamment celle des Cimbres anéantis à Verceil par Marius, en 101 avant J.-G. et celle d'Attila en 552 de notre ère. Ainsi, Aquilée détruite par Attila, était l'un des grands entrepôts du commerce de l'ambre ; de là, le développement de la fabrication des statuettes d'ambre et de toutes sortes d'objets en cette matière, qui se trouvent aujourd'hui en quantité si extraordinaire dans le musée de cette ville.

Telle était l'ignorance persistante des Romains au sujet du pays où se récoltait l'ambre jaune, que Néron envoya des explorateurs en Germanie pour s'en enquérir2. Gomme on savait qu'il était glané dans des îles appelées Glessariœ ou Electrides , on donna ce nom à des îles de l'embouchure du Pô, de telle sorte que la même appellation appartint aux îles Baltiques où l'on récoltait l'ambre et aux îles Adriatiques qui en avaient l'entrepôt commercial3. De la même façon, nous l'avons vu, le vague Éridan hyperboréen d'Hérodote devint le Pô italien.

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