‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 49 sur 211 · Ammien Marcellin, XVt · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XVt

contrée comprise entre les Alpes, la Méditerranée, les Pyrénées, l'Océan et le Rhin, sont considérés comme Gaulois, à quelque rameau ethnique qu'ils appartiennent par leur origine, et quelque lointaine ou récente que soit leur installation sur la rive gauche du Rhin. Lorsqu'appelé par les Ubiens que molestaient les Suèves, César franchit le Rhin, là où allait s'élever Cologne, les Germains lai envoient une députation qui insiste d'une façon curieuse sur la frontière du Rhin : « L'empire de Rome, disent les députés, finit au Rhin. Si César pense qu'il n'est pas juste que les Germains passent contre son gré dans la Gaule, pourquoi demanderait-il à étendre au delà du Rhin son autorité et sa puissance * ? »

En franchissant le Rhin, César sait qu'il quitte la Gaule et qu'il passe en Germanie. Ainsi délimitée politiquement aussi bien que géographiquement, la Gaule du temps de César comprenait des régions variées et depuis longtemps soumises à des régimes différents, depuis les peuples organisés de longue date, que les Romains traitent d'amis et d'alliés, jusqu'à la tribu instable qui vient seulement de franchir le Rhin et, comme un groupe de colons nouveaux à l'époque moderne, se fixe enfin à demeure dans les terrains vagues.

La Province romaine avait de grandes villes florissantes et luxueuses comme Marseille, Narbonne et Vienne. Le fond de sa population ligure, grecque et latine, autant que sa brillante culture et son commerce actif, en faisait comme un prolongement de l'Italie. Dans la Gaule aquitanique, la population était en partie liguro-ibérique, mais il y avait aussi un élément gaulois représenté par les Tectosages, les Boiates et autres tribus d'origine celtique.

La région dénommée proprement la Celtique, comprise entre le haut Rhin et les Alpes, les Cévennes et l'Océan, le cours de la Seine et de la Marne, était le vrai cœur de la Gaule. Les peuples qui y dominaient s'y étaient acclimatés, depuis de longs siècles. Durant l'espace de cinq cents ans, ils avaient eu le temps de s'attacher au sol nourricier, de s'y enraciner pour toujours, de

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