Césau, Bell. Gall., VI
du résultat des délibérations ou lorsqu'il veut juger, par les abstentions, du nombre et de l'importance de ses ennemis.
Quand César projette de passer le Rhin, comme il a besoin du concours de la cavalerie gauloise et qu'il sait que poursuivre les Suèves le rendra populaire auprès des Gaulois, il convoque le concilium totius Galliœ. Il le convoque aussi lorsqu'il prend ses quartiers d'hiver à Amiens, pour s'assurer de la fidélité des Belges, après son expédition de Bretagne. De la part des peuples gaulois, ne point prendre part à ces assises générales, s'abstenir de s'y rendre ou de s'y faire représenter, est un acte d'hostilité, presque une déclaration de guerre. C'est ainsi que fut interprétée l'abstention des Sénons, des Carnutes et des Trévires, lorsqu'en 53 César convoqua l'assemblée générale des Gaulois l. A ce concilium sont appelés non seulement les représentants des peuples de la Celtique, mais aussi ceux de la Belgique. En vain objectera-t-on que cette assemblée servile fut à la dévotion de César et de ses alliés gaulois. La malheureuse Pologne, dans les temps modernes, ne nous a-t-elle pas donné un spectacle plus lamentable encore ! En convoquant le concilium gaulois, César ne fit que respecter la tradition nationale. D'Amiens, l'assemblée des délégués gaulois fut transférée à Lutèce et César vint, lui-même, prononcer la clôture des délibérations. Un peu plus tard, il convoqua une nouvelle réunion à Reims.
Dans ces assises nationales, les avis furent partagés sur la conduite à tenir vis-à-vis des Romains. Qu'on se figure ces discussions passionnées, ces invectives violentes, ce tumulte, peutêtre ces coups échangés ! Qu'on se représente la pression morale exercée par Jules César, ses représentants, ses agents avoués ou dissimulés! Les uns veulent l'indépendance gauloise par la résistance aux Romains ; les autres croient que le salut de la Gaule menacée par les invasions germaniques est dans le protectorat romain. Les peuples de la Gaule les plus riches, les plus avancés en civilisation, et que des relations commerciales rattachaient depuis longtemps à la Province romaine, se montrent générale-