‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 59 sur 211 · César, Bell. Gall., VII · texte numérisé non relu

César, Bell. Gall., VII

des Aquitains, les hésitations ou la mise en marche trop tardive des Eduens et des Bellovaques, inspirées par des jalousies privées analogues à celles des Argiens et des Lacédémoniens vis-à-vis d'Athènes, ne sont que des incidents déplorables qui n'empêchent pas de reconnaître autour de Vercingétorix acclamé, un sursaut du patriotisme national des Gaulois. « César, dit Fustel de Coulanges, remarqua alors, avec quelque surprise, le merveilleux accord des volontés pour ressaisir l'indépendance. » Vercingétorix, dictateur suprême, représente à nos yeux la nationalité gauloise restaurée dans son unité politique. La Gaule redevint, pour un jour, « une grande monarchie pour lutter contre l'étranger ».

La Patrie gauloise est proclamée une et indivisible dans ces paroles que César, lui-même, met dans la bouche de Vercingétorix parlant à ses soldats : « La Gaule unie, formant une seule nation, animée d'un même esprit, peut défier l'univers *. » Paroles mémorables et saintes, gravées sur le socle de la statue qu'à la veille de la guerre de 1870, l'infortuné Napoléon III fit élever à Vercingétorix sur le plateau d'Alésia.

1. ... unum concilium tolius Galliœ ejfectarum, cujus eonsensu ne orbis quidem terraram possit obsistere (Bell. Gall., VII, 29).

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