‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 6 sur 211 · Ch. Gn.vD, l'Alsace, p · texte numérisé non relu

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cigogne est l'hôte préféré, presque sacré, comme l'ibis en Egypte ; messagère du printemps, elle accourt par milliers pour nicher sur le toit des maisons où l'Alsacien, un peu superstitieux, ne manque point de préparer la place de son nid. « Au moyen âge, on annonçait à son de trompe l'arrivée du premier couple de cigognes dans nos villes. Maintenant encore, la croyance populaire lui attribue le don de porter bonheur à la maison où il fait son nid, et de la protéger contre la foudre. Pour la jeune fille qui voit l'oiseau aux longues jambes marcher vers elle, c'est un signe de ses fiançailles prochaines. Aux enfants strasbourgeois les mères de famille racontent que les cigognes leur apportent des petits frères, assis en croupe sur leur siège de plumes et les tenant par le cou à travers les airs '. »

La faune du Rhin est aussi abondante et particulière, quoique certaines espèces, comme le castor et le lynx, aient disparu au xixe siècle, chassées par les travaux de canalisation et les établissements industriels qui, aujourd'hui, hélas ! dépoétisent tout dans la nature.

A toutes les époques, les peintres alsaciens se sont complu à reproduire des paysages du Rhin, scènes de chasse au sanglier et au chevreuil, pèche à la truite, promenades en bateau, filatures et moulins, pelouses sablonneuses ombragées de bouquets d'oseraies, de troènes et de fusains. Au calme, lamince nappe des eaux forme de longues squames argentées, des mares e't des ruisselets en zigzag où abondent les poissons de toute espèce.

A la fin des étés longs et secs, des baigneurs s'amusent, par places, en étudiant prudemment leur chemin, à traverser toutes les branches du fleuve, de la rive alsacienne à la rive badoisc. Les glaces aussi, parfois, en hiver, permettent de tenter la périlleuse aventure. Diodore de Sicile dit qu'on répandait de la paille sur la glace des fleuves pour éviter les chutes. Sous l'empereur Domitien, un dégel imprévu ayant débâcle les glaces du Rhin, les Germains ne purent le traverser'2, ce qui sauva les légions mises en péril.

Au mois de février, le Rhin commence à monter ; il atteint

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