‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 61 sur 211 · César, I, 2; Diom Cassius, XXXVIII · texte numérisé non relu

César, I, 2; Diom Cassius, XXXVIII

soumettraient la Gaule tout entière1 ». Le projet d'Orgétorix ayant été dévoilé, il échoua et l'astucieux Helvète mourut d'une façon mystérieuse.

Mais les Helvètes, mis en goût d'aventure, ne renoncèrent pas pour cela à leur exode. Une fois suffisamment préparés, ils décidèrent, pour n'avoir point de repentir, de se fermer toute possibilité de retour. Ils incendient leurs douze villes, et leurs bourgs au nombre de 400. Ils brûlent tout le blé qu'ils ne peuvent emporter, et chaque individu reçoit l'ordre de se pourvoir de vivres pour trois mois. Ils étaient 263.000. Ils persuadent à d'autres tribus de leur clientèle de se joindre à eux : ce sont les Rauraques, des environs de Bâle, qui étaient 23.000 ; les Tulinges, au nombre de 36.000; les Latobriges, 14.000 ; enfin, les Boïens qui étaient 32.000, établis dans le Norique au delà des sources du Rhin. Les émigrants formaient un total de 368.000 individus dont 92.000 guerriers. Ce dénombrement fut relevé par Jules César, après la défaite des Helvètes, sur des registres qu'on trouva dans leur camp abandonné. Sur ces registres, tenus en chiffres grecs {tabulée litteris grœcis confectœ), étaient inscrits nominativement {nominatim) « tous ceux qui étaient sortis de leur pays, le nombre des hommes capables de porter les armes, et séparément, les noms des enfants, des vieillards et des femmes2 ».

Ces détails nous laissent entrevoir le degré de civilisation auquel était alors parvenu le peuple gaulois des Helvètes. Leur expédition est organisée avec beaucoup d'ordre, malgré le nombre considérable des émigrants, l'immense quantité de chariots chargés de vivres et de bagages, les bêtes de somme, les troupeaux. Les ancêtres des Helvètes avaient fréquenté la route du Danube et par là ils étaient restés longtemps en rapport avec les pays grecs ; ils avaient fourni aux armées helléniques des contingents de mercenaires. Le long de la voie danubienne habitaient d'autres peuples gaulois qui avaient le génie du commerce et étaient assez avancés pour battre monnaie et imiter le numéraire grec ; c'est par ces relations que les Hel-

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