Holder, Altcell. Sprachschat: au mot Boii
parla Suisse et la Trouée de Belfort, d'autres allèrent s'installer aux pieds des Pyrénées ; un de leurs rameaux, les Tectosages, s'établit entre les Ligures et les Ibères, sur les côtes de la Méditerranée et le long de la Garonne. Parmi ces derniers, les Tolosates laissèrent leur nom à la ville de Toulouse. D'autres Volques enfin choisirent comme habitat la basse vallée du Rhône, où ils sont désignés par les Romains sous le nom de Volques Arécomices : tous, clients des Arvernes, firent bon accueil à Annibal.
Les Volques et les Boiens du Danube essaimèrent en Grèce, en Thrace et passèrent en Asie-mineure où ils fondèrent le royaume galate composé des trois grandes tribus qui conservèrent leurs noms : les Tolisto-Boiens, les Tectosages et les Trocmes.
Une autre fraction des Tectosages demeura à côté des Boiens, sur la lisière de la forêt Hercynienne, aux sources du Danube, ainsi que César nous en informe. Ces Tectosages sont encore mentionnés dans ces mêmes cantons sous le nom de Tolosates, à la fin des temps antiques, par Isidore de Séville. Enfin, la nation moderne des Valaques a aussi pour ancêtres des tribus volques descendues dans les plaines de la Dacie.
De tous les peuples celto-gaulois, les Boiens et les Volques sont ceux qui, par la vallée du Danube, eurent le contact le plus immédiat avec les pays helléniques. Ces rapports furent à la fois commerciaux et guerriers. Les historiens qui ont raconté les invasions dévastatrices des Gaulois en Grèce, en Macédoine et en Thrace et leur attentat sur Delphes, en 279 avant J.-G., n'ont pas insisté suffisamment sur le rôle commercial de ces peuples échelonnés le long du Danube, véritable trait d'union entre la Gaule et l'Orient hellénique, et en même temps, héritiers des anciens Celtes qui créèrent les stations du commerce de l'ambre jusqu'à la Baltique.
Ainsi que nous l'avons fait ressortir plus haut, les routes stratégiques furent toujours les voies du commerce, et s'il est un chemin qui, à toutes les époques de l'histoire, fut suivi par les invasions et les armées, c'est bien celui qui, par la Trouée de Belfort et le bassin de l'Aar, conduit au lac de Constance,
passant à Winterthur (Vitodurum) , pour atteindre Bregenz {Brigantia), puis le Danube. C'est aussi par cette voie que passaient incessamment ces troupes de mercenaires gaulois qui allaient vendre leur sang aux grandes monarchies de l'Orient grec ou asiatique. Par la vallée de la Morava (le Margus), puis celles du Vardar (YAxius) ou de la Strouma (le Strymon), ils aboutissaient au golfe de Salonique ou d'Orfano, sur la mer Egée. De ces expéditions aventureuses, les soldats gaulois rapportaient, par le même chemin; l'or qu'ils avaient gagné ou pillé. Ce fut surtout, à partir du me siècle avant notre ère, des statères d'or de Philippe et d'Alexandre, des tétradrachmes d'argent d'Alexandre, de Thasos, de Maronée, d'Audoléon, roi de Pœonie. Les Gaulois des bords du Danube et des sources du Rhin, les Boiens, les Yolques, les Helvètes imitèrent ces monnaies. Ils frappèrent des pièces d'or et d'argent, de travail rude et de style barbare, parmi lesquelles il en est qui portent les noms de plusieurs de leurs rois. Ce monnayage, si grossier qu'il soit, est à signaler et nous y reviendrons plus loin, parce que tout monnayage régulier et systématisé est l'indice d'un État en possession des rouages d'une civilisation compliquée. Les peuples gaulois ont des ateliers monétaires ; les tribus germaniques n'atteignirent jamais à ce degré de développement social.