‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 69 sur 211 · César, Bell. GalL, I, 31; VI · texte numérisé non relu

César, Bell. GalL, I, 31; VI

donner des forêts à défricher; mais à présent, ce sont des champs en culture (agri) qu'ils réclament, eux qui auparavant, en Germanie, n'avaient mené qu'une vie de pauvres hères ou de maraudeurs ; depuis quatorze ans, disait Arioviste, les Germains qu'il commandait n'avaient jamais couché sous un toit.

Les Gaulois, débordés par leurs protégés, inquiets du nombre des Suèves, n'étant plus maîtres chez eux, se sentent menacés d'être dépossédés de leurs terres et de leurs biens ; il leur faut aviser aux moyens de se débarrasser de ces hôtes incommodes. Mais les Germains refusent de partir. Les Eduens, les Séquanes et les Arvernes, après les avoir attirés ou laissés venir, se trouvent acculés à la nécessité de les chasser à main armée. On leur livre bataille ; les Eduens et leurs alliés sont battus dans deux combats. Alors Arioviste, chaque jour plus insolent, s'installe en maître chez les Séquanes, sans doute dans la Haute- Alsace ; il occupe toutes leurs villes ; parlant des pays où il séjourne, il les appelle « sa Gaule » [sua Gallià), sa propriété par droit de conquête1.

Il fallut recourir aux Romains. « Arioviste, roi des Germains, dit l'Eduen Divitiac envoyé auprès de Jules César, s'est établi chez les Séquanes ; il s'est emparé du tiers de leur territoire qui est le meilleur de toute la Gaule, et il leur ordonne à présent d'en abandonner un autre tiers à 24.000 Harudes... Il arrivera dans peu d'années que tous les Gaulois seront chassés de leur pays, et que tous les Germains auront passé le Rhin, car le sol de la Germanie ne saurait entrer en comparaison avec celui de la Gaule, non plus que la manière de vivre des deux nations... » La tyrannie d' Arioviste ne peut être plus longtemps supportée. « Si César et le peuple romain ne viennent pas à leur secours, tous les Gaulois n'ont plus qu'une chose à faire: à l'exemple des Helvètes, ils émigreront de leur pays, chercheront d'autres terres et d'autres demeures éloignées des Germains et tenteront la fortune, quel que soit le sort qui les attende... César, avec le nom du peuple romain, peut empêcher qu'un plus grand nombre

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