LES TRÉVIRES
Les Médiomatrices avaient pour voisins, au nord, les Trévires qui franchirent le Rhin assez longtemps après les Médiomatrices, les Rèmes et les Leuques. A l'époque de Jules César, ils sont, comme tous les grands peuples de la Gaule, complètement sédentaires et façonnés à la vie et aux mœurs des Gaulois. Leur capitale, Trêves, est sur la Moselle, comme Metz, à 20 lieues seulement en aval de cette dernière. Les Médiomatrices et les Trévires paraissent avoir toujours vécu en bonne intelligence ; l'histoire ancienne ne mentionne aucune querelle entre ces deux peuples mosellans. Leurs territoires se faisaient suite sur les deux versants du bassin inférieur de la rivière et le long de la rive gauche du Rhin jusqu'à Remagen. Au-dessus du coude de Mayence, les Médiomatrices et les Trévires avaient concédé une place aux Némètes (Spire) et aux Vangions (Worms) qui ne s'installèrent sur la rive gauche qu'après les bouleversements occasionnés par l'invasion et la défaite d'Arioviste. La forêt des Ardennes et les montagnes de l'Eifel bordaient le pays des Trévires au nord, depuis le Rhin jusqu'à la Meuse qui les séparait du territoire des Rèmes (Reims).
Les Trévires avaient dans jleur clientèle des tribus germaniques, les Segni, les Paemani, les Crcrosi, les Condrusi, les
Aduatiques et les Eburons, échelonnés dans les vallées boisées de la Meuse et de ses affluents du Luxembourg et des pays de Namur, de Liège et de Tongres.
Souvent mentionnés par Jules César, les Trévires paraissent se souvenir, mieux que les Rèmes et d'autres grands peuples de la Gaule Belgique, de leur passé germanique dont ils sont plus rapprochés par leur migration plus récente et par leur position sur le Rhin qui les rendait les voisins immédiats des Germains. Mais leur état social ne différait pas de celui des Médiomatrices, des Leuques ou des autres peuples de l'est de la Gaule. Ils ont les mêmes institutions ; ils prennent part aux assemblées du concilium totius Galliœ ; les chefs de leur nation, Indutiomar et Gingétorix, ont des noms purement gaulois, de même que les villes, bourgs et lieux-dits de leur pays. Constamment ils calquent leur attitude politique sur celles des autres peuples gaulois dont ils sont les alliés.
César traite les Trévires de Gaulois : « Les Trévires, dit-il, sont de tous les Gaulois ceux qui possèdent la plus forte cavalerie ; ils ont aussi de nombreuses troupes de pied et ils habitent les b3rds du Rhin. » Ils sont, ajoute-t-il ailleurs, constamment en guerre avec les Germains, à cause de leur voisinage de la Germanie. Sans doute, ils se rapprochent encore de ces derniers par la rudesse de leurs mœurs1, mais ils sont devenus sédentaires et leur nouvel habitat les transforme graduellement.
Au moment de l'arrivée de Jules César, les Trévires sont si bien inféodés à la Gaule et à la patrie gauloise qu'ils envoient, comme les Éduens et les Séquanes, des députés au général romain pour le supplier de les protéger contre les bandes germaines qui sont campées sur la rive droite du fleuve et s'apprêtent à le franchir2.
La langue des Trévires est gauloise ; ils ont des monnaies comme les Médiomatrices et les autres peuples de la Gaule Belgique, et ce numéraire est purement gaulois de système, d'aspect, de types, de légendes. Saint Jérôme qui vécut à Ancyre de Gala-