Césak, Bell. Gall., IV
Le Rhin dans l'histoire. — I. 13
Outre les Suèves qui vagabondaient sur la rive droite du Rhin et la terrorisaient, les Ubiens avaient pour voisins les Sicambres, cantonnés sur la Sieg, et au nord des Sicambres, sur la Ruhr et la Lippe, les Tenctères et les Usipètes qui cherchaient, eux aussi, à franchir le fleuve et demandaient des terres. Sur la rive gauche, dans le pays d'Aix-la-Chapelle, de Maëstricht et de Grefeld, les Ubiens touchaient aux Eburons. La plus grande partie de ceux-ci étaient, dit César, entre la Meuse et le Rhin : c'était le plus considérable des peuples que les Trévires eussent rendus tributaires. Sur la Meuse, les Aduatiques, rejetons belliqueux des Cimbres, s'étaient substitués aux Tongriens ou mêlés à eux.
« Les Aduatiques étaient les descendants des Cimbres et des Teutons qui avaient placé en deçà du Rhin, au moment où ils envahirent notre province et l'Italie, les bagages qu'ils ne pouvaient conduire et porter avec eux, en laissant aussi, pour les garder, six mille de leurs combattants1. » Ceux-ci s'établirent à demeure dans ces lieux, si bien que l'incorporation des Aduatiques dans l'ensemble des peuples gallo-belges est un nouvel exemple de la bigarrure ethnique qui caractérise les groupements de Barbares, à toutes les époques de l'histoire.
Leurs voisins étaient les Nerviens, vers les sources de l'Escaut et de la Sambre, les plus farouches de tous les Belges, dit César. Ils ne permettent pas aux marchands étrangers de pénétrer chez eux ; tout luxe leur est inconnu ; ils s'interdisent même l'usage du vin. Pour protéger leur pays, surtout contre la cavalerie, eux qui n'en avaient point, « ils avaient l'habitude d'étêter et de couper de jeunes arbres et d'entrelacer les branches qui poussaient abondamment en largeur, en y mêlant des ronces et des épines. Ces espèces de haies, semblables à des murs (au moyen âge, ple.ricium, plessis), formaient un retranchement au travers duquel il était non seulement impossible de passer, mais même de voir'2 ».
C'est aux Nerviens et à leur industrie qu'on attribue le vase en terre cuite du Cabinet des Médailles, trouvé dans leur pays,