Césaii, B. G., II
LES PEUPLES DliS DEUX RIVES DU RHIN lï/5
qu'on appelle le « vase des sept dieux », à cause des bustes des divinités des Jours de la semaine qui en décorent la panse. L'art rudimentaire de ces figures est gaulois, nullement germanique, car il se rattache d'une manière caractéristique aux monnaies gauloises de la même région. A l'époque romaine, les villes principales des Nerviens étaient Cambrai et Bavai ; cette dernière localité, sur la route de Cologne à Boulogne, est célèbre par les antiquités romaines qu'on y a découvertes.
Les Nerviens touchaient au sud-ouest aux Veromanduens (Saint-Quentin) , aux Ambiens (Amiens) et aux Atrébates ( Arras) . Chez les Morins du Pas-de-Calais se trouvait le port de Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer). Des peuplades secondaires et généralement dans la clientèle des autres, étaient réparties dans ces mêmes régions tourbeuses et boisées, très fertiles par endroits ', de la Flandre, du Hainaut, de la Campine. La culture du blé y était pratiquée, en même temps que l'élevage des bestiaux, des porcs, des oies, et surtout celui des moutons dont il fallait constamment protéger les immenses troupeaux contre les loups et les ours de la forêt Charbonnière. Aussi, les chiens belges étaient-ils réputés pour leur force et leur courage'2.
Plus au nord, au delà de la Dyle, les Ménapiens (Tournai) occupaient les bouches de l'Escaut et de la Meuse, jusqu'aux Caninéfates et à l'île des Bataves. Ils possédaient même les deux rives du Rhin et avaient, de chaque côté du fleuve, des champs cultivés, des fermes et des bourgs (agios, œclificia, vicos). Comme les Ubiens, ils se plaignent d'être, sans répit, en butte aux attaques et aux incursions des Germains. A toutes les époques de l'histoire, les Belges et les Germains de la rive gauche du Rhin seront en collision permanente avec les Germains d'outre-Rhin 3. Ainsi, toujours et partout, depuis les confins des Helvètes jusqu'à ceux des Frisons, les rapines et le brigandage sont la vie des Germains de la rive droite du Rhin. Ils opèrent même contre ceux des peuples gallo-belges dont ils se rapprochent le plus par les conditions de l'existence et les origines.