‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 92 sur 211 · Ciîsau, B. G., IN · texte numérisé non relu

Ciîsau, B. G., IN

leur est loisible, s'ils le veulent, de se fixer chez les Ubiens... Il obtiendra des Ubiens cette permission pour eux 1 » .

Mais les Ubiens étaient eux-mêmes molestés par les Suèves. Dans cette occasion, il paraît bien que César, inaugurant une politique qui sera toujours celle des Romains en Germanie et qui avait si bien réussi en Gaule, n'ait eu pour but que d'exciter les tribus germaines les unes contre les autres. Leurs guerriers se prêtent d'ailleurs à ce jeu sans scrupule, se vendent au plus offrant, passent du camp des Gaulois dans celui de César et réciproquement, pourvu que le pillage soit au bout de leurs services. Durant la guerre contre Vercingétorix, César « envoie des députés au delà du Rhin, en Germanie, vers les peuples qu'il avait combattus les années précédentes, et leur demande des cavaliers et de ces fantassins armés à la légère, accoutumés à se mêler avec la cavalerie dans les combats2 ». En d'autres circonstances, c'est pour le compte des Gaulois que les Germains font la guerre3. Le Germain, toujours, est au service de quiconque veut l'employer, pourvu qu'il quitte sa forêt ou ses landes brumeuses et stériles.

La médiocrité de leur sol et la fécondité de leur race, voilà la double raison économique de la puissance d'expansion au dehors de la race germanique, forcée d'émigrer, de piller pour vivre, parfois de « faire le vide » pour s'installer à la place de ceux qu'elle tue ou qu'elle dépouille sans scrupule. C'est pour piller, ad prœdarn, qu'elle se fait conquérante, non point, comme d'autres, pour civiliser et commercer.

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