‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 93 sur 211 · LES MONNAIES DES GAULOIS DE L EST · texte numérisé non relu

LES MONNAIES DES GAULOIS DE L EST

Comme la Grèce avant les Guerres médiques, la Gaule était, au moment de la conquête romaine, une fédération de peuples (civitates) socialement organisés et depuis longtemps en possession de tous les rouages d'une administration ordonnée. La frappe et l'usage de la monnaie étaient le complément, presque le signe caractéristique, de cette organisation administrative, le trait d'union qui rattachait les unes aux autres les relations extérieures des individus ou des peuples. La monnaie est, en effet, le régulateur du commerce, le balancier des affaires petites ou grandes ; dans les sociétés civilisées elle circule dans les rangs des populations comme le sang dans les veines d'un corps vivant.

Les Gaulois ont d'abondantes séries monétaires dès le ive siècle avant J.-G. ; au contraire, sur la rive droite du Rhin, aucun peuple germain n'a battu monnaie ; il n'y a point d'atelier monétaire en Germanie, de même qu'il n'y a pas de villes avant Gharlemagne. Au point de vue économique comme à tous les autres, c'est un pays inorganisé.

L'extrême multiplicité des monnaies des peuples gaulois et leur variété de types et de symboles attestent l'activité et l'intensité de la circulation commerciale de ces peuples entre eux et dans l'intérieur de chaque cité. Mais il y a plus. La solidarité

de ce monnayage dans toutes ses parties, le rapport général qui domine et rapproche les productions de tous les ateliers, depuis les cités de l'Aquitaine jusqu'à celles de la Belgique rhénane, et depuis les Helvètes et môme les Celtes de la vallée du Danube jusqu'aux Armoricains, constituent un argument solide à invoquer en faveur de l'unité économique de la Gaule. Impossible à un œil tant soit peu exercé de ne pas distinguer une monnaie gauloise d'une monnaie grecque, romaine, italiote ou de toute autre origine ; on ne saurait s'y tromper, à quelque cité gauloise qu'on doive, en dernière analyse, classer cette monnaie. Une telle parenté d'aspect, de style, de système, de procédés de fabrication, si longtemps prolongée, ne saurait s'expliquer que par la solidarité économique et même politique des peuples gaulois.

Sur les plus perfectionnés de ces indispensables véhicules des affaires quotidiennes, on lit les noms et on reconnaît même les effigies d'un certain nombre des chefs auxquels César eut affaire, tels que Vercingétorix, le Cadurque Lucterius, l'Eduen Dumnorix, le Picton Duratius, et pour nous confiner dans notre région de l'Est, PAtrébate Commius, l'Helvète Orgétorix, les Suessions Divitiac et Galba et divers autres. Quelque incertitude qui plane encore sur l'attribution et l'identification historique de plusieurs de ces noms, ce sont bien des chefs gaulois. Le Germain Arioviste était autrement puissant qu'eux, et cependant il n'y a point de monnaie d'Arioviste, pas plus qu'il n'y en aura plus tard d'Arminius et d'Attila.

Un bon nombre des types des monnaies gauloises nous révèlent avec l'évidence la plus absolue, surtout au sud des Cévennes,les relations commerciales des peuples de la Gaule avec les colonies grecques de la côte méditerranéenne, Marseille, Rhoda, Emporiai (Ampurias). D'un autre côté, les monnaies de la Celtique et de la Belgique ont, en majorité, des types qui trahissent les rapports de ces régions avec la Grèce du nord par la vallée du Danube, et plus tard, leur étroit contact avec les Romains de la Province, par la Saône et le Rhône.

Dès le iv6 siècle avant notre ère, les Arvernes, princes des Gaules, frappent de beaux statères d'or, imités de ceux de Phi-

lippe de Macédoine, père d'Alexandre. Plus encore peut-être que le va-et-vient du transit par l'Helvétie et la vallée du Danube, ce sont les expéditions guerrières des Gaulois dans les contrées helléniques qui transportent jusqu'au plateau central de l'Auvergne et dans les Cévennes ou chez les Santons et les Tolosates, ces monnaies grecques aux types si beaux, au métal si pur. Les mercenaires gaulois rapportaient dans leurs foyers et répandaient sur le marché de chaque cité le pécule gagné à la solde de Philippe ou de tout autre prince. Les randonnées fructueuses de compagnons organisés en coureurs d'aventures ou pour une invasion sur Delphes ou d'autres provinces grecques, ramenaient aussi en Gaule des sacs de pièces d'or et d'argent.

Une tradition conservée par Justin prétend que les Tolosates, rentrés dans leur pays après leur tentative sur Delphes et leurs ravages en Thrace, rapportèrent 110.000 livres pesant d'argent et 5 millions de livres d'or. Une peste ayant ravagé leur pays, un oracle leur conseilla de jeter dans un lac voisin de Toulouse tout ce trésor mal acquis. Ce n'est qu'à ce prix qu'ils furent délivrés du fléau par les dieux.

Les Gaulois qui savaient exploiter leurs mines d'or et d'argent, et laver leurs sables aurifères, s'essayèrent à imiter ce monnayage des Grecs. Ils le copièrent servilement ; ils transcrivirent jusqu'aux légendes grecques, si bien que sur leurs pièces on lit le nom de Philippe ; moins fréquemment, ceux d'Alexandre, de Lysimaque, d'Audoléon ; puis, ces noms sont déformés ; ils deviennent méconnaissables, avec des lettres omises ou bouleversées, en même temps que les types s'altèrent et se transforment dans le goût gaulois. Ce sont ces pièces-là, sans aucun doute, que les rois Luern et Bituit jetaient du haut de leur char dans les rangs de la foule qui se pressait sur leur passage pour les acclamer. En ceci, ils eurent des imitateurs, même encore à l'époque de César. Voilà pourquoi, par exemple, sur le vaste plateau qui domine le village de Pommiers, auprès de Soissons, et où l'on remarque les vestiges d'un oppidum gaulois, les pièces de bronze à la légende GRIGIRV sont ramassées en grand nombre par les bergers ou les paysans qui labou-

Le Rhin dans l'histoire. — I. 14

rent leurs sillons. Il est impossible de ne pas admettre que cette menue monnaie n'ait été jetée à la volée, comme une semence, par ce chef inconnu Crïcirus (?), à l'occasion de quelque triomphe solennel ou de réjouissances publiques.

Chez les Arvernes et leurs voisins, l'imitation des statères macédoniens s'éloigne graduellement du prototype ; le métal s'avilit ; à chaque émission nouvelle, pour ainsi dire, la monnaie gauloise est moins belle et moins bonne : on dirait qu'on suit les étapes de la décadence de l'empire arverne qui ne se relève fièrement, dans un dernier sursaut, qu'avec les magnifiques statères d'or de Vercingétorix.

Partout, en Gaule, le champ des pièces se surcharge d'enjolivements et de petits emblèmes empruntés au panthéon gaulois. Quant aux types, — Apollon à cheveux bouclés, cheval au galop, cavalier, char attelé de deux coursiers, sanglier hirsute, aigle éployé, taureau, monstre ailé imité de Pégase, quadrupède androcéphale, têtes fantastiques, figures aux membres désarticulés, disproportionnées, indescriptibles, bêtes innommablés, réelles ou imaginaires, qui se débattent au milieu des chaînes, des entrelacs, des rosaces, — l'art monétaire n'a rien composé de plus étrange, de plus mystérieux, de plus incohérent au point de vue artistique. On est dérouté par cette ingéniosité et cette fécondité dans le laid1. De toute une figure, par exemple, iFne reste que l'œil, tant il s'est démesurément agrandi; il a envahi tout le champ de la pièce et si l'on peut affirmer avec certitude que c'est bien un œil, c'est parce qu'un grand nombre de pièces, alignées suivant les émissions successives, permet de suivre le grandissement de cet œil au milieu de la joue et la dégénérescence graduelle du type jusqu'à la décrépitude caricaturale. C'est d'ailleurs ainsi, également, qu'au moyen âge le temple du denier carolingien est allé, de déformation en déformation, jusqu'au type bizarre et indéfinissable du denier tournois de saint Louis.

Mais toutes les monnaies gauloises ne méritent pas oette réprobation. Si l'on n'a point encore la clef des petits symboles

1. G. Jtii.u^M, Histoire de la Gaule, t. II, p. 317 el. sun .

religieux qui accompagnent les types, ce n'est pas une raison pour les négliger. Gomme légendes, les pièces de bon style et de travail soigné portent des noms de peuples, de vergobrets et de chefs militaires, en lettres grecques ou en lettres latines, parfois en caractères mélangés et empruntés aux deux alphabets. Entre les Cévennes et les Pyrénées, les légendes monétaires sont souvent en caractères ibériques, comme en Espagne.

Les cités gauloises frappent ainsi des pièces d'or, d'électrum, d'argent, de cuivre, de potin, et ce monnayage extrêmement abondant, dure plus de trois siècles. Dans l'ensemble, les dégénérescences des types que nous signalions tout à l'heure, sont de plus en plus accentuées à mesure qu'on s'éloigne du pays des Arvernes, des Éduens, des Carnutes, des Bituriges, région centrale qui fut bien le foyer de l'art gaulois comme de la puissance et de la civilisation gauloises.

Après la création de la Province romaine, les Gaulois du sudest, subissant l'influence économique et politique de Rome, se mirent à imiter le denier de la République. Les légendes gravées autour de ces types copiés sur la monnaie romaine, qui affluait jusque dans la région rhénane, nous donnent des noms gaulois en caractères latins. Les Gaulois ont fait comme les Insurgés de la Guerre sociale en Italie, qui, eux aussi, ont imité les deniers romains, en substituant à la légende latine, les noms de leurs chefs en caractères osques. Les Geltibériens se sont inspirés, de la même façon, des deniers romains, en y faisant graver des légendes ibériques. Parla comparaison de ces divers monnayages, inspirés des mêmes prototypes romains et du même esprit national, on constate que les Gaulois étaient plus avancés dans leur art, leur industrie, leur développement économique que les Italiotes et les Geltibères. De tous ces peuples occidentaux, vaincus et soumis par Rome dans les deux derniers siècles de la République, nations organisées et parvenues à une civilisation moyenne, originale, les Gaulois sont ceux chez qui se manifeste le plus haut degré de culture matérielle, du moins dans la Narbonnaise, la Celtique, la vallée du Rhône et une partie de la Belgique.

Les monnaies de la Gaule Belgique sont fabriquées suivant

la même conception et dans les mêmes données de types, de légendes, de système et d'aspect général que celles de la Celique. Tandis que les pièces d'or ou d'argent qui portent des noms de chefs sont de bon style, les pièces banales d'or et d'argent et surtout le bas potin, présentent des types de la plus extravagante barbarie ; les dégénérescences y sont poussées jusqu'à l'extrême limite de la défiguration. On dirait que les mœurs de cette âpre région du nord-est de la Gaule, qui impressionnèrent César par leur rudesse, ont leur reflet jusque dans cette fabrication monétaire.

Sous ce rapport, on ne peut manquer, par exemple, d'être frappé du contraste que 'présentent les monnaies des Séquanes et des Médiomatrices, peuples qui voisinaient dans la haute Alsace. Les Séquanes imitent les statères de Lysimaque, s'inspirent du denier romain. Telles de leurs pièces sont d'une fabrique soignée, habile, parfois d'un art distingué, avec des noms de chefs comme Togirix, Sequanoiotuos, Q. Sam., Q. Doci. Ces deux derniers personnages portent le prénom romain Quintus : on le voit, les Séquanes s'adaptent à la culture et aux usages romains dès le temps de César, sinon déjà antérieurement.

Comme eux, les Médiomatrices ont des monnaies d'or, d'argent, de potin. Mais les Médiomatrices et avec eux les Leuques (Toul) et les Trévires, sont venus s'installer en Gaule plusieurs siècles après les Séquanes. Serait-ce là le secret de la barbarie de leurs produits monétaires ? N'est-il pas curieux de constater que le numéraire de ces peuples est d'un style grossier, rudimentaire ; le dessin des types est inexpérimenté, malhabile; ce ne sont encore que des essais de barbares qui entrent dans la civilisation et s'exercent à en manipuler et à en imiter les productions courantes. Les larges statères d'or des Médiomatrices ont, sur l'une de leurs faces, une tête de Janus qui paraît une contrefaçon enfantine du type romain. Au revers, à côté d'un cheval caricatural entouré de fleurons, de rouelles ou d'annelets, on lit la légende grecque énigmatique WIOAE (?). D'autres pièces d'or et de bronze, moins rudes et moins anciennes, portent en latin le nom môme des Médiomatrices, MEDIOMA \lrico-

rum). C'est aussi à cette civitas ou à ses voisines, qu'on classe les pièces qui ont les légendes ARC AMBACTV, KAAEAOY ou KAAETEAOT, et celles dont le revers est une Victoire assise, imitée du denier de M. Porcius Caton qui fut monétaire à Rome en l'an 90 avant J.-G.

Sur les plus soignées des monnaies des Trévires, on lit des noms de chefs politiques ou municipaux : VOCARAN, LVCO- TIOS, POTTINA, APAA, ce dernier nom avec un A [delta) grec au milieu de lettres latines. Ces pièces de bonne fabrique, voisines de la conquête de Jules César, ont des types imités, pour la plupart, des deniers de la République romaine. D'ailleurs, le monnayage des Trévires, nous le verrons, se prolongea jusqu'au temps d'Auguste, sous une forme romanisée.

Poursuivant notre rapide enquête le long de la rive gauche du Rhin, au nord des Ardennes, à l'époque de la conquête de César, les Éburons et les Aduatiques, eux aussi, ont des séries régulières de monnaies. Si les types de leurs statères d'or pâle et leurs bronzes sont de plus en plus barbares — c'est dans cette région qu'on trouve les « monnaies à l'œil », — néanmoins ils présentent des particularités locales et des noms de chefs, par exemple, les bronzes avec AVAVCIA et les pièces d'argent à la tête de cheval accompagnée de la légende ANNA ROVECI. Quelque difficulté que nous éprouvions à interpréter ces noms, il n'en est pas moins certain qu'ils avaient un sens pour les autorités locales qui les ont fait graver ; que ces pièces sont le produit d'un monnayage officiel, affirmant à la fois une autorité souveraine qui ordonne et contrôle les émissions, et un art qui s'efforce d'imiter, d'interpréter les types plus beaux, plus parfaits qui venaient de la Grèce ou de Rome.

On a trouvé à Thérouane, dans le pays des Morins, des bronzes au type du cavalier armé d'un trident, qui ont, en lettres latines, les noms propres RVBIOS et VIROS. Ces pièces se rapprochent du beau monnayage des Atrébates. D'autres monnaies, attribuées aux Morins et aux Nerviens, sont des statères d'or, qui n'ont d'un côté qu'une protubérance arrondie, avec un profil en epsilon grec, dernier vestige d'une tête humaine ; de l'autre, un cheval désarticulé, entouré d'emblèmes bizarres qu'on

ne saurait ni définir ni expliquer, astres, serpents, globules, rouelles, ornements géométriques, zigzags et enroulements.

Ces symboles forment, dans ces séries, comme dans toutes les autres, l'originalité de la numismatique gauloise. A eux seuls ils suffiraient pour démontrer que les Gaulois n'étaient pas des barbares. En dépit de la bizarrerie de ces emblèmes, et des difficultés que nous éprouvons pour les interpréter et leur assigner une place dans l'arsenal des emblèmes du panthéon gaulois, si mal connu, ils attestent une singulière fécondité d'imagination; ils sont les témoins du développement de la culture gauloise sur les bords du Rhin.

Les Helvètes, les Boiens et les Tolosates de la forêt Marcienne, les Taurisques, les Scordisques, les Vindéliciens et tous les peuples de race celtique qui formaient la population sédentaire de la Suisse, du Wurtemberg, du Tyrol, de la Bavière et de tout le bassin du Danube jusqu'à Singidunum (Belgrade), Durostorum (Silistrie), Noviodunum (Isaaktcha), aux noms bien celtiques comme tant d'autres des mêmes contrées : toutes ces régions, au mouvement commercial si développé, eurent des monnaies, tout aussi bien que les peuples gaulois cis-rhénans.

Aux Helvètes et aux Boiens, reviennent les singulières monnaies d'or globuleuses, en forme de petites coupes, qu'on désigne sous le nom de Regenbogen.se/iusselchen « petites coupes à l'arc-en-ciel », appellation qui leur vient de ce que la face concave porte, comme type, un croissanL, ou si l'on veut, une espèce d'arc-en-ciel avec un rayonnement partant du centre. Il s'en trouve qui ont, sur la face convexe, une étoile ou la triskèle, et sur le côté concave, à la place du croissant, un cheval au galop ou des annelets. Ces pièces d'or, d'électrum et de cuivre sont bien le monnayage le plus rudimentaire qu'aucun peuple ait jamais créé. On en recueille souvent des échantillons dans tous les pays qui forment les hautes vallées du Rhin et du Danube et le long de ce dernier fleuve jusqu'en Bohême. Le fameux oppidum de Stradonic, en Bohème, où l'on a découvert tant de débris archéologiques pareils à ceux de Bibracte, chez les Éduens, a livré des monnaies à l'arc-en-ciel, ainsi que des

quantités de pièces gauloises des Arvernes, des Santons, des Lingons, des Éduens, des Leuques, des Séquanes, des Helvètes. On n'en peut douter : cet oppidum fut longtemps une importante station de la route commerciale du Danube qui était entièrement, nous l'avons vu, aux mains des peuples celtiques.

Dans toutes ces régions occupées par la race celtique et quotidiennement fréquentées par les marchands gaulois ou par les soldats, il est intéressant de signaler les trouvailles de monnaies de notre Gaule apportées par le négoce. Il est non moins remarquable que les Gaulois du Danube aient battu monnaie eux-mêmes : ils étaient, — ceci le prouve, — bien au-dessus de la barbarie germanique. Leurs monnaies d'argent ont des types inspirés des pièces grecques les plus courantes dans la Macédoine et laThrace. Les noms de chefs qu'on y relève sont nettement de forme gauloise, par exemple, Ainorix,Biatec, Bussumar, Cobrovomarus, Evoiurix, Nonnos, Jantumarus. Il s'y trouve aussi, en abondance, des imitations des tétradrachmes de Maronée et de Thasos.

Ainsi, tandis que les peuples germains ne font que recevoir comme des lingots, au poids, les monnaies étrangères qui pénètrent chez eux, gauloises, romaines ou grecques, au contraire les peuples gaulois ont des ateliers officiels, même hors de la Gaule et dans tous les pays où ils ont émigré et dominé politiquement *.

1. Sur les monnaies gauloises : J.-A. Blanchet, Traité des monnaies gauloises (in-8% 1905).

Page 1