Florls, IV, 12; cf. Tacite, Annales, I
dans la nuit, à travers les marécages. L'armée était dispersée en longues traînes et sans ordre. Par surcroit, un grand vent, des pluies torrentielles ; le sol glissant entre les racines et les troncs rendait la marche pénible ; on ne pouvait faire avancer les chariots des bagages et les chevaux1.
Soudain, sortant des fourrés, les Germains massacrent les soldats romains sans que ceux-ci puissent se défendre. Trois légions succombèrent; Varus désespéré et blessé se jeta sur son épée pour ne pas tomber vivant entre les mains des Barbares. Ce que perpétra, dans ce tragique attentat, la basse férocité des Germains d'Arminius les met hors de l'histoire de toute civilisation ; elle les classe parmi les peuplades sauvages. Ecoutez plutôt : « Rien de plus affreux, raconte Florus, que ce massacre de nos légions au milieu des marais et des bois ; rien de plus révoltant que les outrages des Barbares. Aux uns, ils crevaient les yeux ; aux autres ils coupaient les mains. Ils allèrent jusqu'à coudre la bouche à l'un deux, après lui avoir coupé la langue, qu'un barbare tenait à la main, en disant : « Vipère, « cesse enfin de siffler. » L,e corps même du proconsul, que la piété des soldats avait confié à la terre fut exhumé...2» Les Barbares s'acharnèrent sur le cadavre de Varus ; ils le dépecèrent et lui tranchèrent la tête qu'Arminius fit porter au roi des Marcomans, Marbod. Celui-ci se borna à renvoyer à Auguste, à Rome, ce hideux trophée. Sur l'ordre d'Arminius, les tribuns et les centurions de l'armée romaine, ses anciens compagnons d'armes, furent égorgés sur les autels des dieux germains ; les tètes des soldats furent suspendues aux branches des arbres 3.
Les généraux romains avaient l'habitude de se mettre en campagne en s'entourant d'un grand confortable ; ils emportaient, parfois, jusqu'à leur vaisselle d'argent. On a trouvé en 1869, à Iltldesheim, non loin du théâtre du désastre de Varus, un somptueux trésor d'argenterie romaine qui est aujourd'hui la gloire du musée de Berlin ; des archéologues ont avancé, mais sans preuve positive, que cette argenterie, qui comprend