CHAPITRE XI. 20J
gences modernes par rétablissement de cavaliers et la création de contre-gardes, ont été baptisés par les Allemands fort Steinmetz et fort Voigts-Rhetz. Le général Steinmetz commandait la première armée au début de la guerre. Le général Voigts-Rhetz faisait partie de la deuxième armée, à la tête du 9^ corps.
Quant aux ouvrages extérieurs, ils sont formidables. Au moment de la déclaration de guerre, en 1870, nos défenses inachevées se composaient, sur la rive droite de la Moselle, des forts Saint-Privat et Queuleu, du fortin des Bordes et du fort Saint-Julien. Sur la rive gauche, s'élevaient les forts du Saint-Quentin et de Plappeville. Plusieurs de nos généraux, suivant l'exemple donné par le général Ducrot en 1867, à Strasbourg, avaient dénoncé au ministère de la guerre l'insuffisance de la ligne des forts. Le Saint- Quentin était mal établi, le fortin des Bordes ne suffisait pas à boucher la trouée entre le Saint-Julien et le Queuleu, le Saint-Privat était dominé à courte distance.
Ici, comme à Strasbourg, l'état-major allemand a profité des leçons de l'expérience et n'a pas perdu de temps pour les mettre en pratique. Il a construit les forts du camp retranché d'après le nouveau système et a su tirer parti, on doit le reconnaître, des moindres avantages de position.
Sur la rive gauche de la Moselle, notre pauvre ouvrage, collé au flanc oriental du mont Saint-Quentin, a été remplacé par deux forts d'une importance exceptionnelle auxquels le prince Frédéric-Charles et le général Manstein ont donné leurs noms. La montagne tout entière est une forteresse sur une longueur de plus de 1,500 mètres. Les défenses occidentales regardent le village de Lessy, à plus de Z^ kilomètres à vol d'oiseau du fort Moselle. Le mont Saint-Quentin a 350 mètres d'altitude. Ses batteries peuvent envoyer leurs projectiles au sud jusqu'à Arssur-Moselle, qui n'est qu'à 11 kilomètres de Pagny, frontière française actuelle. Les forts Prince-Frédéric- Charles et Manstein commandent les routes de la vallée de la Moselle et le chemin de fer de Nancy, au sud, la route et le chemin de fer de Verdun, à l'ouest.
Le fort de Plappe ville, qui complétait la défense de la rive gauche, est devenu le fort Avensleben. Il commande le chemin d'AmanviUiers, la route de Briey, parWoippy, et le chemin de fer de Thionville. La nouvelle frontière passe à 12 kilomètres environ à l'ouest.
Je viens de dire que le fort Avensleben complétait la défense de la rive gauche. En effet, les Allemands avaient cru jusqu'ici que l'immense développement