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CHAPITRE XIT

deux tiers de son effectif, tel je le revis à Strasbourg; l'œil bleu vague, calme, souriant. De haute taille, mince, élancé, bien pris dans son magnifique uniforme vert et or de général de division, les traits réguliers, les moustaches et les favoris blonds, la tête haute, l'attitude énergique, Skobeleff était l'objet de la curiosité générale.

Aussitôt ce long défilé terminé, la ville reprit jusqu'au soir son aspect accoutumé. On commentait quelques incidents. L'empereur s^était, dit-on, montré très blessé de l'absence, à la gare, de notabilités, qu'il s'attendait à y rencontrer. Les lettres de refus adressées au comte Perponcher pour le dîner du 18, l'avaient également mis d'assez méchante humeur. Quant à l'impératrice, elle avait trouvé la ville très froide. On commençait à douter des intentions du gouvernement, au sujet des mesures libérales promises par les autonomistes et qui devaient coïncider avec la mise en vigueur du nouveau système gouvernemental.

Au palais, l'empereur avait invité à dîner les hauts personnages de sa suite et tous ceux des fonctionnaires ayant droit au titre d'Excellence. Ce repas de cérémonie, commencé de bonne heure, fut assez vite expédié. L'existence d'un empereur d'Allemagne, âgé de 82 ans, n'est pas précisément enviable. Après

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un voyage comme celui de Berlin à Kœnigsberg, et de Kœnigsberg à Strasbourg, Guillaume avait parcouru la ville, subi les harangues des fonctionnaires, les hurrahs des soldats, les présentations de personnes marquantes, le banquet. Il lui fallait maintenant se lever de table, assister au défilé des six cents musiciens de la retraite aux flambeaux et finir sa soirée au théâtre.

J'oubliais qu'à son arrivée dans la cour de la Préfecture, l'empereur avait fait, suivant sa vieille habitude, manœuvrer le piquet ^ d'honneur à son commandement.

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