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CHAPITRE XIII

généraux admis à suivre les manœuvres. Les princes vassaux, M. de Moltke, les généraux du grand étatmajor, les inspecteurs d'armée, entraient les uns après les autres, dans le vaste Hippodrome. Ils se rangeaient en ordre hiérarchique, à gauche des tribunes, sur un monticule dominant la plaine. Peu après, arrivaient les princes impériaux, la foule des généraux à la suite, les chambellans.

Nous avions sous les yeux un magnifique escadron bariolé d'au moins deux cents chevaux. Les uniformes blancs, rouges, verts, des Autrichiens, des Anglais et des Russes, contrastaient avec les sévères tenues prussiennes. Quelques hurrahs se firent bientôt entendre le long des tribunes ; c'était l'impératrice dans une calèche à six chevaux, avec sa fille la grande-duchesse de Bade. Enfin, un long murmure, un brouhaha indescriptible annoncèrent l'arrivée de l'empereur. Guillaume semblait moins fatigué que la veille. Il souriait à ce magnifique spectacle : les Vosges, la ligne des forts, Strasbourg et sa cathédrale, l'immense plaine avec ses deux lignes superbes de soldats dont les casques et les pantalons blancs miroitaient, sous un éclatant soleil de septembre.

Onze heures venaient de sonner.L'empereur, s'aidant d'un haut escabeau -recouvert de velours qu'on

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traîne partout à sa suite, s'était mis en selle et avait pris place en tête de son état-major. Il montait un cheval alezan d'une taille très élevée, et dominait ainsi l'escadron princier. Les troupes avaient poussé les trois hurrahs réglementaires et les musiques commençaient leurs symphonies. Guillaume, droit sur ses étriers, ferme, la tête haute, s'avançait bientôt vers la première ligne de bataille, au petit trot, ayant à sa droite le commandant en chef du 15^ corps.

Arrivé à l'extrêm.e droite de la première ligne, l'empereur fit prendre à sa monture un pas relevé. Il parcourut ainsi tout le front de l'infanterie. Son nombreux état-major suivait à cinquante mètres de distance. L'inspection des deux lignes de bataille ainsi menée, dura vingt-cinq minutes. Pendant que Guillaume passait de la gauche à la droite devant l'artillerie et la cavalerie, l'infanterie avait pris ses dispositions pour défiler par compagnies déployées, bataillon par bataillon, à demi-intervalle. C'était, en d'autres termes, une cblonne de bataillon formée comme la colonne de compagnie, les compagnies jouant le rôle des sections.

L'empereur, son état -major, l'impératrice, la masse des officiers isolés se dirigèrent alors vers le centre des tribunes. Guillaume se plaça à vingt pas en

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