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CHAPITRE MV

pas vers l'autonomie du pays, se laisse aller à une pareille attaque contre Strasbourg, cela est injustifiable; et si M. le député Schnéegans, né Strasbourgeois, se déclare pour les dispositions électorales de cette loi et frappe ainsi d'ostracisme sa ville natale, je ne m'en sens pas moins obligé de protester énergiquement contre cette nouvelle attaque aux droits de la cité que j'ai l'honneur de représenter. M. Kabli' aurait pu ajouter qu'on le visait personnellement et que l'exception était faite pour lui. Cette injustice l'empêche d'autant mieux de faire partie de la Chambre que, par une autre disposition très savante les seuls candidats possibles sont ceux qui ont élu domicile dans le district. M. Kablé est mis de cette façon hors la loi. Qu'en pensez-vous?

— Je pense que l'arbitraire a rarement atteint de telles proportions.

— Vous voyez par là que l'autonomie alsaciennelorraine, dont il a été si souvent question dans ces derniers temps , n'a rien à voir avec le nouvel instrument de germanisation, dont M. Auguste Schnéegans et ses rares amis se montrent si satisfaits. Les appellations dont on a l'habitude de se servir pour désigner les deux partis alsaciens sont mauvaises et vides de sens. Quand, au lendemain de la conquête, quand, en 1874, à son entrée au Reichstag, le parti

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de la protestation se bornait à faire campagne contre le traité de Francfort, à s'inscrire en faux contre cet arrêt prétendu de l'histoire, pour bien marquer son point de départ et sa pensée maîtresse, il méritait son nom; mais, dès l'instant où il a pris part volontairement, comme la force des choses le commandait, à la vie parlementaire, pour faire obstacle autant qu'il était en son pouvoir aux exactions de l'administration allemande, il est devenu un véritable parti autonomiste , dans le sens net et précis du mot, ou si vous le préférez, un parti radicalement particulariste. Aujourd'hui, notre unique moyen de nous rapprocher de la France n'est-il pas de nous éloigner de l'Allemagne? Plus nous serons maîtres chez nous, plus l'ancien esprit se maintiendra. Quant à notre indépendance, vous savez aussi bien que nous ce que nous en ferions si nous venions à la reconquérir.

« Par contre, le parti dit autonomiste ne saurait bénéficier de son nom que par antiphrase. Le fait de se déclarer satisfait des institutions actuelles, le classe définitivement. Il est inféodé, les discussions du Reichstag l'ont prouvé, à la politique du chancelier. Quel nom lui donner? Celui qui désigne les mêmes tendances, dans les autres États de la Confédération. M. Schnéegans et ses adeptes sont des ce?i-

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