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CHAPITRE XIV

n'admettre dans aucun service, aucun employé du pays, et de gouverner sans le concours des gens du pays. On avait pourtant réservé à M. Klein, Alsacien, pharmacien à Strasbourg, près de laplaceGutenberg, le sous-portefeuille de l'agriculture et du commerce, mais cet homme d'État manquededecision.il a commencé par répondre à M. Herzog : « J'aime mieux faire des pilules que d'en avaler ». Puis, ayant été reçu par l'empereur à Strasbourg, ce qui lui fournit l'occasion d'arborer un superbe drapeau en rentrant chez lui, il se décida à accepter sur le conseil des protestataires eux-mêmes. 11 hésita de nouveau et finalement adhuc sub judice lis est. M. Klein, adjoint au maire de Strasbourg dans des temps difficiles, après la mort de M. Kùss, a montré certaines connaissances administratives. Plus tard, président du conseil général de la Basse-Alsace et membre de la délégation, il est devenu, séduit par M. de Bismarck à la suite d'un voyage à Berlin, le premier père de l'autonomie.

Parlerai-je de la nomination de M. Schnéegans au poste de conseiller ministériel du cabinet Herzog? Le montrerai-je dans un avenir prochain , représentant du gouvernement d'Alsace-Lorraine au conseil fédéral, avec voix consultative? A quoi bon, et qui s'intéresse à ce renégat?

278 LE IIHIN FKA.NÇAIS.

Voici donc les deux systèmes exécutif et législatif dans toute leur beauté. Résumons-les en quelques lignes. D'un côté, une Chambre sans action coercitive sur le cabinet; de l'autre, un ministère irresponsable, autorisé par la loi à se passer de la Chambre avec le concours du Reichstag; la Chambre, produit de la pression officielle, le ministère nommé et révocable par le gouvernement allemand. Aucune opposition possible. Si la Chambre, par extraordinaire, usait de sa dernière arme, le refus du budget, le Reichstag le voterait. Il en augmenterait même les chiffres pour punir le gouvernement d'Alsace-Lorraine de son audace. Au conseil fédéral, l'Alsace-Lorraine n'a pas voix délibérative. En fait, depuis la mise en vigueur de la nouvelle Constitution, rien n'a été changé dans les procédés de la dictature. La presse est toujours soumise à l'arbitraire. Les candidats aux élections récentes n'ont même pas trouvé de journaux pour insérer leurs professions de foi et la campagne électorale a été menée à coups d'illégalités par les Kreiss directors.

Le maintien en fonctions comme membres de la Chambre alsacienne des conseillers généraux qui faisaient partie de l'ancienne délégation, la pression officielle, le droit exorbitant laissé aux assemblées départementales de compléter sans être réélus le

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