‹ Le Rhin francaisChapitre 23 sur 166 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

fessionnelle sans laquelle on ne saurait inspirer de vrai respect à ses inférieurs, il ne faut pas regarder du côté de l'armée prussienne.

C'est la qualité maîtresse de l'officier français de ne pas compromettre son uniforme, et l'élévation morale qui en est la conséquence apparaît dans son plein sur le champ de bataille. On peut dire que la témérité à l'ennemi, je ne parle pas du courage, s'exerce chez nous en raison directe du nombre des galons brodés au képi, ce qui n'existe à aucun degré chez les Allemands.

Il serait souhaitable, sans doute, que nos officiers paradassent dans de brillants uniformes, surtout si leur solde le leur permettait, mais entre une tunique parfois râpée dont on ne compromet pas les galons et une belle capote de drap fin qu'on compromet en catimini, je n'hésite pas. Je donne le choix à la première.

J'allais me lever et rentrer au logis, quand un sous-officier de l'un des régiments en garnison à Strasbourg, coquet, bien sanglé dans son uniforme, le fond de la casquette légèrement incliné sur l'oreille, l'œil vif, la moustache tombante, entra dans le café, accrocha sa coiffure, s'assit et demanda en bon français une demi-tasse.

(( Garçon, ajouta-t-il , en frappant vigoureuse-

44 LE RHIxN FRANÇAIS.

ment delà main la table de marbre, la France^ estelle arrivée ? Non ! Alors donnez-moi le XIX^ Siècle. » C'était un sous-oflicier alsacien, un enfant de Strasbourg !

1. Pendant mon séjour en Alsace-Lorraine, la France a été saisie tous les jours à la frontière, mais l'effet ordinaire de la censure s'est produit. Il est entré plus de numéros de la France dans celte période qu'en temps ordinaire.

Page 1