‹ Le Rhin francaisChapitre 30 sur 166 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sirophe payés par les fonds secrets d'Alsace-Lorraine, < "est-à-dire par nous, ou par les fonds de Tempire. Tout cela est faux, archifaux.

(( On voit cependant vos journaux parisiens prendre à la longue au sérieux les mensonges des feuilles \':-nalessans se rendre compte que leurs articles sont j rédigés à Berlin. C'est logique, nous ne pouvons leur opposer des démentis. Notre seule arme est l'atti- ! tude que nous gardons vis-à-vis de nos vainqueurs, ot cette résistance occulte de tous les instants ne saurait donner lieu à la moindre polémique. Elle échappe forcément à vos observations. »

On en vînt bientôt, la conversation se généralisant, à parler des mœurs administratives et de la discipline militaire. Les deux anecdotes suivantes eurent quelque succès :

Il y a quelque temps le Kreisdirector (chef de cercle ou sous-préfet à attributions plus larges et à juridiction moins étendue) de la ville de M..., M. d'A..., connu pour ses habitudes d'ivrognerie, fut trouvé cuvant son vin dans un fossé. Quelques notables firent ramener le magistrat à son hôtel dans un tombereau. Ils adressèrent ensuite au président supérieur une demande de révocation. Celui-ci transmit aux habitants de M... cette réponse, désormais historique en Alsace : « L'ivrognerie, même

habituelle, n'est pas un motif suffisant de révocation. D'ailleurs, M. d'A... est très protégé par la cour de Saxe. »

Strasbourg ne possède qu'un poste important commandé par un officier, celui de la place Kléber, où se trouve en permanence le piquet d'incendie. Un jeune Strasbourgeois, d'abord volontaire d'un an, puis officier de réserve, entrant l'autre soir au poste pour y saluer son lieutenant, le trouva en compagnie de sa maîtresse et s'enivrant sous l'œil des soldats. Peu après le lieutenant sortit en compagnie de cette femme et, jusqu'au matin, un sous-officier alsacien commanda la garde.

0 sainte, et poétique Allemagne ! 0 discipline de fer !

La dernière anecdote qui venait de m'ètre contée me faisait souhaiter de porter la conversation sur le terrain militaire. Je voulais savoir comment l'autorité allemande agit vis-à-vis des recrues d'Alsace-Lorraine, si les jeunes gens continuent à émigrer en^ masse, quels sentiments nourrit la population civile pour les soldats, et surtout pour les sous-officiers et les officiers alsaciens-lorrains. L'une des personnes présentes me fournit bientôt ces renseignements.

u Remarquez, me dit-elle, le petit nombre de jeunes gens qu'on rencontre dans les villes. A Stras-

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