‹ Le Rhin francaisChapitre 36 sur 166 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ne demandons qu'une chose, c'est que là-bas, en France, vous ayez un jour autant envie de nous reprendre que nous avons envie d'être repris. Ce ne serait pas long alors ! »

Les nouvelles fortifications de Strasbourg seront bientôt terminées. C'est ce dont j'ai pu me convaincre en faisant plusieurs fois le tour de la ville. On a reculé l'enceinte. Les anciens remparts, remplacés par des travaux d'une importance capitale et d'un relief inusité, sont progressivement livrés aux démolisseurs. On veut pouvoir tenir assez longtemps pour attendre une armée de secours, même si la ceinture des forts était forcée sur la rive gauche du Rhin, et s'appuyer pour cela sur le camp retranché de la rive droite ^ avec lequel le nouveau chemin de fer de Kehl, qui sera inauguré en novembre, assurera les communications matérielles. Ce tronçon gagne 5 kilomètres sur l'ancienne ligne qui contourne longuement la ville de Strasbourg-.

néral à l'armée de Mayence, général de brigade à l'armée de la Vendée, général de division à l'armée de Sambre-et-Meuse, général en chef en Egypte, mort au Caire le 14 juin 1800. »

1. Formé par les trois forts d'Auenheim, de Neumubl et de Sundheim.

2. Ce raccourci a été établi d'après les projets de M. de Sappel, ingénieur de la ligne de l'Est. La dépense s'élève à deux millions de francs.

L'histoire de la destruction des anciennes fortifications et de l'agrandissement de la ville de Strasbourg mérite d'être contée. On pourrait l'intituler : Histoire de la vie municipale en Alsace-Lorraine,

Il suffît d'avoir lu les récits alsaciens d'avant l'annexion à la France, consentie par les magistrats strasbourgeois, pour connaître l'attachement des Alsaciens à leurs institutions communales. Les respecter eût été très politique et surtout très habile de la part de FAllemagne. En favoriser le développement, tout en concédant aux pays d'empire certaines franchises militaires, eût passé, à bon droit, pour un trait de génie. Républiques au moyen âge, habituées à vivre de leur vie propre longtemps respectée par la monarchie française, les grandes cités se fussent peut-être désintéressées à la longue du mouvement général des idées et de la politique. Voyons comment s'est comporté le chancelier de l'empire.

Le budget de la ville de Strasbourg se soldait, en 1870, par environ 2 millions de francs. Contrairement à la plupart des villes de France, séduites par les doctrines de M. Haussmann, un Alsacien pourtant, le chef-lieu du Bas-Rhin n'avait contracté que des dettes insignifiantes. On se hâtait d'amortir les faibles emprunts votés jusque-là. Le conseil municipal, en vertu d'un principe qu'on ne saurait trop louer.

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