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CHAPITRE IV

ne procédait à une dépense qu'après en avoir réuni préalablement les fonds. Au moment de la déclaration de guerre, la ville se trouvait ainsi posséder en dépôt, à la succursale de la Banque de France, un million. Cette somme, destinée à la canalisation générale des eaux, servit plus tard à couvrir les dépenses extraordinaires entraînées par le bombardemxent sauvage de Strasbourg et les premières réquisitions des occupants étrangers.

Le maire était M. Humann, fils de l'ancien ministre de Louis-Philippe. Quant au conseil municipal, composé en majorité de libéraux nuance centre gauche, il ne devait rester en fonction que jusqu'au 6 août. Un scrutin s'ouvrit pour son remplacement à l'heure même où l'armée du prince royal attaquait Mac- Mahon, près de Wœrth. Personne, on le comprend, ne vint voter, et le conseil, aux prises avec des nécessités urgentes, resta en fonctions, quoique sans existence légale, avec l'assentiment tacite des populations. On dut, toutefois, régulariser la situation au point de vue des pouvoirs financiers, et le baron Pron, préfet du Bas-Rhin, tourna la difliculté en convertissant le conseil en commission municipale, avec adjonction d'habitants notables.

Séparée de l'autorité centrale, cette commission, ayant appris la proclamation de la République, le

10 septembre, s'empara des pouvoirs politiques, administratifs et municipaux. Elle fit de M. Bœrsch, directeur du Courrier du Bas-Rhin, un préfet, et de M. Kùss, docteur-médecin, un maire. Peu de temps avant la reddition de Strasbourg, se place l'incident Valentin ^ Les élections pour l'Assemblée nationale eurent lieu, et M. Kùss, l'un des députés d'Alsace- Lorraine, mourut à Bordeaux, immédiatement après le vote qui livrait nos frontières à l'Allemagne.

Nous entrons dans l'histoire contemporaine. M. Klein, pharmacien à Strasbourg, adjoint au maire, exerça les fonctions municipales jusqu'au mois de juillet 1871, époque à laquelle les Allemands convièrent les Strasbourgeois à élire un nouveau conseil suivant la loi française. On opéra assez régulièrement; M. Lauth, banquier, Tun des hommes les plus justement estimés de Strasbourg, placé en tête de la liste, fut nommé maire.

Cet âge d'or municipal ne devait pas durer longtemps. Des conflits éclatèrent de plus en plus fré-

1. Le trait d'héroïsme de M. Valentin traversant les lignes allemandes pom- venir prendre possession de son poste de préfet du Bas-Rhin est connu. La présence de cet homme de cœur eut cependant à Strasbourg peu de retentissement, la place étant à la veille de capituler.

M. Valentin, sénateur, est mort le l'^'" novembre courant.

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