‹ Le Rhin francaisChapitre 46 sur 166 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

partagé sur cette question : N y a-t-il pas lieu d'élever un fortin avancé sur la route de Saverne, à 1,800 mètres environ de l'ouvrage actuel ? Il est possible qu'on se prononce bientôt pour l'affirmative, mais obtiendrait-on des résultats appréciables ? Les environs de Strasbourg semblent disposés pour l'établissement d'un solide camp retranché. Il n'est pas douteux, en effet, que l'investissement d'une place appuyée sur les deux rives d'un fleuve comme le Rhin est fort difficile, mais les ouvrages de la rive gauche sont forcément dans une situation topographique dangereuse. La plaine d'Alsace s'élève de plateaux en plateaux jusqu'aux Vosges. Il n'y a pas de positions dominantes en marchant de Strasbourg aux Vosges, il n'y a que des positions dominantes en marchant des Vosges sur Strasbourg. Le génie est forcé de se fier à la force intrinsèque des ouvrages. Chacun connaît le nouveau système casemate souterrain. Sans prétendre imposer mon opinion, je crois que les forts construits suivant cette nouvelle mode sont on ne peut plus redoutables avec l'avantage de position, mais qu'ils sont inférieurs à leur réputation si, dominés à bonne dislance, on en fait des nids à bombes. Les projectiles ne manquent plus leur but. Ce serait le cas pour le fort Bismarck. Il faudrait en cas de siège relever tous les jours la garnison de

cet ouvrage, sous peine d'asphyxie. Ainsi, mauvaise position, construction défectueuse tenant à la nature du terrain, mais excellentes dispositions prises pour le service du fort.

Regagnant la nouvelle route de Saverne, on franchit l'espace compris entre celle-ci et la vieille route (1,600 mètres), pour traverser ensuite le village d'Oberhausbergen. Ici se dresse une crête courant vers le nord, prolongement des hauteurs qui, de la route de Saverne, dominent le fort Bismarck. Cellesci se sont rapprochées de Strasbourg. La défense les a utilisées. Les gros ouvrages ici dressés sont beaucoup plus forts, beaucoup moins attaquables que le fort Bismarck. Nous verrons , cependant , qu'ils peuvent également être contre-battus avec d'autant plus de succès que les forts voisins établis en plaine ne peuvent leur être d'aucun secours. En sortant d'Oberhausbergen, on gravit le mamelon par un chemin très raide, encaissé entre les houblonnières et les vignes. Nous sommes à ^,800 mètres à vol d'oiseau des fortifications de Strasbourg. Nous apercevons enfin le fort n° 5, Grand-Duc- de-Bade (280 mètres de longueur sur sa face intérieure) ; un réduit central blindé coupant en deux le fort et des travaux en terre le prolongeant (hors ouvrage) do 200 mètres sur chacune des ailes.

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