CHAPITRE VI
premier ministre de M. de Manteuffel, concentrait les alTaires à Berlin dans les bureaux de la chancellerie d'Alsace-Lorraine. Au-dessous de l'empereur et du chancelier, l'autorité gouvernementale était exercée par M. de Mœller, président supérieur résidant à Strasbourg.
Avant d'expliquer l'administration allemande dans ses détails, il convient de faire connaissance avec la députation d'Alsace-Lorraine au Reichstag. Elle a été élue en 1878, fournissant une fois de plus aux Allemands roccasion de constater leur impopularité croissante. Ses quinze députés se divisent en deux groupes, celui des protestataires, composé de onze membres, celui des autonomistes qui compte quatre adhérents.
Les onze protestataires sont ; MM. Jean Dolfus, élu par Mulhouse, doyen de la représentation, âgé de 80 ans; Kablé, élu par Strasbourg-ville, directeur de la compagnie d'assurance le Phénix, âgé de 55 ans; Heckmann-Stintzy, ancien notaire, élu par Schlestadt; Schmitt-Batiston, propriétaire à Reichvoch, élu par Haguenau -Wissembourg ; Charles Grad, directeur de la filature de Lauterbach, élu par Colmar; Germain, propriétaire à Hommartin, élu par Sarrebourg; Jaunez, chef de la faïencerie de Sarreguemines où il est élu ; Bezançon , ancien
maire, élu de Metz; Winterer, curé de Mulhouse, élu à Thann; Guerber, curé de Haguenau, élu à Guebwiller et Simonis, aumônier du couvent de Niederbronn , élu par Sainte-Marie et Ribeauvillé.
Les autonomistes sont : MM. Auguste Schnéegans* élu à Saverne; r^orth, directeur du Crédit foncier d'Alsace, élu par Strasbourg-campagne; Back, méde' cin et maire de .Benfeld, élu par Molsheim; enfin, Lorette, notaire, élu par Thionville.
Le groupe des protestataires marche constamment -. d'accord. Nous verrons plus loin quelle détermination il a prise dans les questions du nouveau gouvernement d'Alsace-Lorraine. Revenons à M. de Mœller, ex-président supérieur, et à ses attributions. , Ce fonctionnaire, qui s'est acquis, je dois le reconnaître, quelques sympathies par la modération relative dont il a fait preuve dans l'exercice des pouvoirs dictatoriaux, n'avait en apparence que des attributions comparables à celles du gouverneur général de l'Algérie. Il était, en réalité, ministre universel irresponsable d'Alsace-Lorraine, sauf en ce qui concernait les affaires que se réservait la chancellerie. Or, le Reichstag n'avait pas le temps de s'occuper des affaires du pays d'empire et les membres du Conseil fédéral n'en connaissaient pas le premier mot. M. de Bismarck n'a-t-il pas dit : « Je souhaite que