CHAPITRE VI
les gouvernements fédérés admettent dans le Conseil fédéral des membres alsaciens avec voix consultative; nous avons absolument besoin de leur présence, si nous voulons nous mettre au courant des affaires d\Usace\ »
J'ajouterai que M. de Mœller avait le droit de se servir, quand il le jugeait opportun, de la loi française d'état de siège du 9 août 1849. Il trônait à la préfecture de Strasbourg, avec des appointements de 37,500 francs, augmentés de nombreux suppléments.
Le président supérieur était assisté d'une sorte de conseil d'État portant le nom de conseil impérial d'Alsace-Lorraine. Les six assesseurs émargeaient de 9,000 à 11,000 francs, suivant leur classe.
Au-dessous de M. de Mœller, dans l'ordre administratif, venaient les fonctionnaires nommés présidents de district. Ce rouage est maintenu comme tous ceux dont nous aurons encore à parler. Les présidents de district sont l'équivalent de nos préfets, avec ces deux différences essentielles, que les attributions des ministères peuvent leur être conférées et qu'ils n'exercent qu'une autorité nominale sur leurs subordonnés, les directeurs de cercles.
1. C'est probablement M. Auguste Schuéegans qui remplira :e rôle de maître d'école et d'initiateur.
L'institution des directeurs de cercles {Kreissdirec- '• tors) est la base de Tadministration. Ces fonctionnaires, dont les attributions sont beaucoup plus ■ larges que celles de nos sous-préfets, jouissent d'une liberté d'action qui tient en partie à la quasi" inamovibilité des places en Allemagne. Ils sont les principaux agents de la germanisation. On compte 22 cercles en Alsace-Lorraine, ainsi répartis : 8 en Basse- Alsace : Strasbourg (ville), Strasbourg (campagne), Haguenau, Erstein, Molsheim, Schlestadi, Wissembourg, Saverne ; 6 en Haute-Alsace : Colmar, Mulhouse, Thann, Guebwiller, Altkirck, Ribeauvillé; 8 en Lorraine : Metz (ville), Metz (campagne), Thionville, Sarrebourg, Château- Salins, Boulay, Sarreguemines, Forbach. Les Kreissdirectors, quoique dépendant des présidents de districts et surtout du président supérieur, correspondent dans certains cas directement avec la chancellerie.
Notons en passant que l'administration des deux départements d'Alsace coûtait 66,000 fr. en 1869, et qu'elle en coûte aujourd'hui 390,000. Les appointements maximum du Kreissdirector sont de 9,750 francs, plus 3,750 francs de frais de voitures et 1,800 francs de frais de bureau personnels.
Il serait hors de saison en Alsace-Lorraine de parier de la manie de fonctionnarisme des Français. Il