‹ Le Rhin francaisChapitre 58 sur 166 · CHAPITRE VI. !tl · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. !tl

an, sans compter les suppléments et les accessoires.

La dépense des cultes, qui revient en France à 1 fr. 33 par habitant, coûte 2 fr. 12 à chaque Alsacien-Lorrain. Les évêques ont 16,000 francs de traitement, les pasteurs-inspecteurs, 9,000, les grands rabbins, 5,000. Les émoluments des curés et des desservants augmentent proportionnellement par périodes d aucienneté.

L'instruction publique, taxée en France à un franc par habitant, revient aux Alsaciens-Lorrains à deux francs cinquante centimes.

Il n'y aurait pas lieu de s'en plaindre, mais c'est surtout dans l'instruction publique que la dictature a marqué son passage. Jamais, chez aucun peuple et dans aucun pays, l'autorité ne s'est montrée plus savamment cruelle, plus ignorante des droits des administrés. Dès le U avril 1871, un commissaire allemand déclarait la langue germanique substituée à la langue française comme langue obligatoire d'enseignement. L'étude du français n'était plus tolérée que quatre heures par semaine dans les classes moyennes et supérieures. C'était draconien , mais admissible en droit. Que dire, au contraire, de Tordonnance du président de la Basse-Alsace en date du 30 juin 1872, interdisant complHement l'enseignement du français?

Un cri de protestation s'éleva de toutes les poitrines. Le Journal d'Alsace osa plaider généreusement la cause que chacun sentait perdue d'avance. Il s'écria à la un d'un article vibrant, ému, plein de faits et de preuves : « Dans toute l'Allemagne il est permis d'étudier l'allemand et le français; dans toute la France, d'apprendre le français et l'allemand. Pourquoi nous. Alsaciens, serions- nous obligés de rester en arrière de nos voisins doutre-Rhin et d'outre-Vosges? Par quel forfait avons-nous mérité cette situation exceptionnelle entre deux nations voisines? Les vainqueurs pouvaient -ils mieux s'y prendre pour attiser dans les cœurs la haine et l'hostilité? ))

La loi du 13 février 1873 a placé l'enseignement primaire et secondaire sous la surveillance immédiate de l'autorité.

L'autorisation de l'État n'est pas seulement nécessaire pour ouvrir une école ou exercer les fonctions de professeur, il la faut aussi pour prendre un maître quelconque dans une école. Pas un Français n'exerce aujourd'hui ces fonctions à part les quelques instituteurs primaires que leur zèle a permis de conserver.

11 a fallu pourvoir à la nomination immédiate d'in stituteurs allemands, si bien que l'État, peu embarrassé, a intronisé maîtres d'école « des bûcherons,

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