‹ Le Rhin francaisChapitre 61 sur 166 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

que ce soit encore là un moyen de se faire aimer ? La langue française n'est tolérée que dans les bureaux des percepteurs. Si vous demandez à un employé des postes l'heure des levées, il vous répond qu'il ne comprend pas le français ; mais, vous pouvez hardiment dire au percepteur de votre localité : Monsieur, voici mes contributions, délivrez-moi une quittance en langue française, car je ne sais pas l'allemand. L'employé vous obéira sans murmurer. L'argent inspire à nos vainqueurs un respect visible. Un'y a pas de moyens que l'administration ne mette en usage pour s'en procurer ; c'est ainsi qu'en vertu d'un contrat spécial l'éditeur des livres classiques paye à l'administration soixante centimes par volume acheté chez lui par les élèves des établissements d'instruction secondaire ou primaire.

Je me suis attardé dans les détails de l'administration des provinces conquises, mais je crois avoir fait comprendre son véritable caractère.

Il convient de parler maintenant des droits des citoyens en face des administrateurs. On est toujours contraint, même en pleine dictature, de demander les subsides à ceux qui ont qualité pour les voter. En effet, il y a en Alsace-Lorraine des conseils d'arrondissement, des conseils généraux et une délégation des conseils généraux(dcvenue actuellementCh ambre

alsacienne-lorraine). Mais ces assemblées n'ont que des attributions financières, sans droit d'initiative * et sans publicité des séances. La nécessité de prêter serment à l'empereur a éloigné des conseils généraux et des conseils d'arrondissement tous les protestataires. On n'y rencontre que des autonomistes et quelques indifférents. Il est toutefois à remarquer qu'aucun Allemand d'origine n'y a pénétré jusqu'ici.

1. On Terra plus loin que la délégation alsacienne jouit depuis un mois du droit d'initiative.

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