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CHAPITRE VII

Cette dictature s'exerce de trois façons. Elle maintient à l'état atone la presse locale, sous peine de suppression sans phrases (ce qui est arrivé à 17/îdustriel alsacien) ; elle empêche par refus d'autorisation la création de nouveaux organes ; enfin, elle organise sur toutes les frontières une censure préalable des feuilles étrangères ou allemandes. Impossibilité pour les Alsaciens - Lorrains de savoir par leurs feuilles locales ce qui se passe chez eux ; silence complet, dans ces provinces, sur les polémiques que leur situation entraîne entre feuilles étrangères.

Les journaux existants sont, à Strasbourg :

Le Journal d'Alsace, rédigé en deux langues. C'est l'ancien Courrier du Bas-Rhin, d'avant 1870. Le directeur est M. Fischbach fils, avocat, assez embarrassé de son attitude. Ce serait un protestataire calme, du moins j'ose Fespérer, si la chose était possible. C'est un aatonomiste peu fougueux, sans doute parce que l'intérêt de sa propriété l'exige. Si personnellement M. Fischbach n'est pas un admirateur de M. de Bismarck, le rédacteur en chef du Journal d^ Alsace, M. Auguste Schnéegans, se charge d'imprimer à cette feuille les plus franches allures allemandes.

Pauvre homme et vilain caractère que cet ex-

député à Bordeaux, aujourd'hui conseiller du ministère Herzog, cet ancien rédacteur du journal de Lyon essayant en 1872 de se faire nommer administrateur de Belfort par M. Thiers et qui, devenu l'âme damnée de M. de Bismarck, sera demain représentant de l'Alsace-Lorraine au Conseil fédéral. Ai-je besoin de dire que ce personnage est universellement honni? Le Joimial d* Alsace est d'ailleurs très bien fait. Il contient toutes les nouvelles intéressant le pays d'empire, et se tient au courant de la politique générale européenne.

La Gazette de Strasbourg est rédigée par des écrivains allemands, absolument anonymes. La politique est naturellement prussienne, anti-française, dictatoriale. Elle a été longtemps officielle et n'est plus •qu'agréable.

Les Neueste Nachrichten (Dernières Nouvelles), feuille populaire non politique, rédigée par des Allemands, paraissent également tous les jours. Cette gazette, qui vit de scandales locaux, coûte 60 centimes par mois, 1 fr. 25 par trimestre, portée à domicile. Elle passe pour être hostile à l'administration.

Strasbourg possède enfin une feuille hebdomadaire, Elsaesslsches Volksblatt, Journal du Peuple, démocratique, fondé autrefois à Mulhouse et transféré

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