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CHAPITRE VII

en 1869, à Strasbourg. Cet organe fait de l'opposition dans la mesure du possible. Il est protestataire, ayant soutenu la candidature de M. Kablé et inséré tout récemment l'appel aux électeurs municipaux des députés de la protestation.

A Mulhouse, le dernier journal entièrement rédigé en français a été V Industriel alsacien. Son ex-rédacteur en chef, M. Longchamps, dirige actuellement la France du Nord. L'Industriel a été remplacé par VExpress, rédigé dans les deux langues, absolument incolore au point de vue des choses d'Alsace , ni protestataire ni autonomiste, et pour ainsi dire non politique.

En Lorraine, nous rencontrons, à Metz : le Courrier, rédigé en allemand, officieux; le Metzer Zeitung, à peu près de même nuance ; le Vœu national, journal catholique rédigé en français, à tendances d'opposition protestataire, et le Moniteur de la Moselle, également français , mais plus franchement anti-allemand.

A part ces principaux organes, l'Alsace-Lorraine compte dans les chefs-lieux de cercles un assez grand nombre de petites feuilles officielles rédigées en allemand, appartenant en propre aux pachas qu'on appelle les kreiss directors. Les énumérer serait leur faire trop d'honneur. La plupart d'entre elles ne

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Ycnt d^ailleurs que l'espace d'un matin ou se transforment en simples feuilles d'avis, après constatation de leur impuissance.

Remarquons que M. de Mœller n'a pas eu besoin pour dominer la presse d'installer une censure préalable. C'eût été une précaution inutile. Les directeurs de journaux savent qu'ils ne sont séparés de la suppression que par une simple ligne d'une largeur tout à fait inappréciable. Cela suffit. On use aussi de l'avertissement officieux.

La vente au numéro des feuilles publiques est interdite sur la voie publique. On ne peut même pas déployer et lire un journal quelconque sur la terrasse extérieure d'un café sans exposer le propriétaire à un procès-verbal suivi d'amende.

(( Voilà pour la presse locale, me disait un homme politique dont j'avais sollicité les avis ; cela suffit pour lui enlever toute autorité sur le public, toute direction de l'opinion, toute possibilité d'exister sans l'aveu et le consentement de l'administration. Quelques-uns de nos journaux sont bien faits, en ce sens qu'ils parlent de tout, excepté cependant des affaires d'Alsace - Lorraine ; mais ils ont pris le parti, ceux du moins qu'un reste de pudeur retient au rivage, de ne s'occuper en rien des questions brûlantes qui seules nous intéressent. Le gouverne-

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