CHAPITRE Vil
rances françaises. Le kreiss-director de Strasbourgcampagne écrivit, le 11 décembre de cette année, au maire de Vendenheim, qu'il refuserait d'approuver les traités passés avec les compagnies françaises VUnion, la France et la Nationale. Non content de porter cette atteinte à la liberté commerciale, ce fonctionnaire changé en courtier recommandait l'une des quatre compagnies allemandes suivantes : Magdebourg, Munich, Cologne et Gotha. Il donnait l'adresse des agents de ces administrations et se chargeait (sans doute moyennant une prime) des démarches nécessaires.
Nous sommes, on le voit, en plein duché de Gérolstein. On croit, peut-être, que ce sous-préfet qui viole à la fois le traité de Francfort, la convention badoise, le droit commercial, a été prié par le président supérieur d'aller chercher une place dans Tune des quatre compagnies qu'il patronnait. Point. Le président supérieur se borna à assurer, le 28 avril 1876, aux agents des compagnies françaises, que le fait ne se renouvellerait plus.
Mais, je l'ai déjà fait comprendre, un kreiss-director est un pacha qui se moque ouvertement de la loi d'abord, des représentations de ses supérieurs ensuite. Quinze jours après l'admonestation de M. de Mœller, le 16 mai, notre sous-préfet recommandait
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au maire de Kriegsheim de s'assurer soit à la compagnie de Munich, soit à celle de Magdebourg.
Le président supérieur en vint bientôt lui-même à rédiger une instruction relative à la plus grande solvabilité des compagnies allemandes que des compagnies françaises. On croit rêver quand on lit ce siHgulier document. Alors la lutte commence, acharnée, entre tous les fonctionnaires et les compagnies françaises. Le chantage s'en mêle. Par une lettre du 26 août 1878, le président de Lorraine annonce au maire de Phalsbourg qu'on ne lui délivrera la subvention qui lui a été accordée pour la construction d'une maison d'école que si la commune de Phalsbourg s'engage à ne plus faire assurer ses bâtiments communaux par des compagnies françaises.
Les villes et les communes rurales maintiennent leurs droits. Alors les percepteurs refusent de payer les mandats délivrés par les maires ponr solder les primes d'assurances contractées avec les compagnies étrangères. Toute décence est mise de côté. Les agents des compagnies allemandes entreprennent des tournées munis de lettres impératives de recommandation, signées par les fonctionnaires. Des prospectus financiers sont rédigés par des kreiss-directors et les agents des ponts et chaussées deviennent assureurs.