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CHAPITRE VIII

qui, séparés par une assez faible distance, se portèrent par bonds successifs, mais sans se coucher à terre, dans la direction des obstacles.

A la distance indiquée par le dispositif, les tirailleurs ouvrirent un feu nourri avec des cartouches à blanc (on en avait distribué 25 par hornme). Après une préparation de cinq minutes, à bonne distance, par un feu des plus vifs, toute l'aile gauche se lança au pas gymnastique vers la butte la plus élevée et en escalada les talus. En même temps, les bataillons de seconde ligne et la réserve générale s'avançaient au pas accéléré en masse, suivis des fifres et des tambours sifflant et ronflant avec l'harmonie que l'on sait: une danse d'ours apprivoisés. Cette marche, bien conduite et imposante, marquait une nouvelle phase de l'action, pendant que l'artillerie, postée à l'aile droite, en arrière, simulait un feu très violent contre les réserves de l'ennemi et que le train suivait pas à pas les mouvements de l'infanterie, et portait tout à coup quatre ou cinq de ses chariots à fond de train jusqu'à la seconde Ugne.

La fusillade continuait, mais moins nourrie ; une fumée épaisse couvrait le sommet des buttes et la première colonne repoussée redescendait en fuite la pente de la position un instant conquise.

L'entrée en scène de renforts ranima l'action sur

la gauche, pendant qu'à droite le feu semblait s'éteindre. Tout à coup deux bataillons de seconde ligne, faisant face à droite en ordre mince, se portèrent au pas gymnastique, par une marche de flanc et une conversion, sous le feu de la butte et derrière les tirailleurs, tout à l'heure silencieux, à l'assaut des positions extrêmes de droite, débordant le champ de bataille autant que la largeur du terrain le permettait.

Le bataillon de chasseurs, placé en réserve, se portait vers le centre maintenant dégarni, pendant que les péripéties de ce Saint-Privat en miniature échappaient à ma vue. De terribles détonations, au centre, m'apprenaient que la seconde ligne entrée en bataille arrêtait par des feux de salve les tentatives supposées de l'ennemi pour couper en deux l'armée assaillante, pendant que son aile droite exécutait le dangereux mouvement que je viens d'esquisser.

Quand la fumée dissipée me permit de distinguer les troupes, de nouveaux ordres avaient été donnés, et les régiments repoussés battaient en retraite, régulièrement, protégés par la ligne de tirailleurs et les groupes constitués usant du feu de salve chaque fois que la nature du terrain le permettait.

Le général de Fransecky réunit bientôt les officiers

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